Cyrius : Yokohama


VENTRE DIT GRAS

Pochette de Yokohama par CyriusEn ce grand jour de la Saint-Modeste qui nous concerne tous, et pour fêter un peu en avance la fin des sept jours gras proche, je vous propose d’abord une petite devinette : en six lettres, quel rapport peut-il y avoir entre le Japon, l’Algérie, la France et l’Argentine ? Cyrius bien sûr.

 

Quatre pays dans la même phrase ? Là, vous fiant à des lois mathématiques et ethnomusicologiques ancestrales, vous vous dites que vous êtes en train de lire la chronique d’un nouvel album de world music sur LesVeillesMusicales. En fait, c’est un peu plus compliqué que cela. Alors que pas moins de sept nouvelles planètes viennent d’être découvertes par la NASA, quoi de mieux qu’un artiste dont le prénom évoque autant à l’oreille – la mienne en tout cas – les étoiles (Sirius) que les nuages (en fait un cirrus) ? Né à Tlemcen (voilà pour l’Algérie), ce Cyrius-là a pas mal bourlingué avant de proposer « Yokohama » (le Japon…), un troisième album enivrant, aussi musical que littéraire. En effet, on y fait la rencontre de plumes de renom : Boris Bergman, Victor Hugo, Louise Labbé ou Violeta Parra. Et du début à la fin, on sent un amour profond de la langue et des mots ainsi qu’une certaine idée du cosmopolitisme chez ce compositeur-interprète-professeur de chant-comédien-producteur touche à tout.

Et la musique n’est pas à la traîne. Synthétisant à la perfection les influences musicales, personnelles et littéraires d’un curieux-né (autant qu’un nez curieux), les compositions nous téléportent instantanément à Buenos Aires. Pour avoir lu – en bon élève que je suis – toutes les récentes chroniques d’Ilse G narrant la richesse et la vivacité du patrimoine musical au pays du tango (Las Hermanas Caronni, Jerez Le Cam Quartet, Serpientes, faites votre choix), je savais que nous n’en resterions pas là. Aujourd’hui, Cyrius amène sa pierre à l’édifice et la musique qui résulte de ce nouveau métissage est assez incroyable. Pas vraiment chanson, pas vraiment world, « Yokohama » est en fait un peu les deux à la fois. Les mélodies sont superbes, les arrangements brillants, la voix même du chanteur, que j’aurais pu trouver un peu empruntée en d’autres circonstances, colle merveilleusement à la situation en soulignant un caractère fort de la danse argentine. Et l’on pénètre lentement dans l’univers particulier de Cyrius, où les personnages forts déambulent dans des lieux uniques, donnant naissance à des moments de pure grâce musicale, comme par exemple ce petit bijou de tango oriental qu’est le très personnel Oranie (l’occasion de retrouver l’oudiste fou Mehdi Haddab). A quelques jours du mercredi des Cendres, faites donc bombance et gavez-vous des petites friandises, alfeniques, karintos et autres loukoums de Cyrius. Sans aucune modération.

 

La vidéo officielle de Merci A La Vie


11 titres / 46 mn (World Village) – Sortie le 03/02/2017

Cyrius : Voix – Samuel Strouk & Gustavo Gancedo : Guitare – Fred Deville & Vincent Courtois : Violoncelle – Matyas Szandal & Jean-Luc Aramy : Contrebasse – Norbert « Touski » Lucarain : Batterie, human beatbox, vibraphone, marimba, claviers, percussions – Souad Asia : Voix – Mehdi Haddab : Oud – Lalo Zanelli : Piano – Gilberto Pereyra & Pablo Gignoli : Bandonéon – Louise Weeke : Trompette – Gilles Sarabezolles : Euphonium – Daniel Erdmann & Robin Fincker : Saxophone ténor – Loy Ehrlich : Gumbri, gumbass – Jean-François Pauvros : Guitare à l’archet

Réalisé par Touski, Emmanuelle Honorin & Cyrius

En savoir plus : www.geomuse.fr/artist/cyrius


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