Gary McClure : Wreaths


MANCHESTER ENTRE CIEL ET TERRE

Pochette de Wreaths par Gary McClureDis-moi d’où tu viens et je te dirai qui tu es ! Manchester est une ville à l’effervescence artistique majeure dans le domaine musical, ayant accouché de nombreux groupes rock : The Smiths, Joy Division, mais aussi la brit-pop de The Verve et Oasis ou encore l’électro des Chemical Brothers.

 

L’Anglais Gary McClure, en tant que résidant de la cité, se pose en héritier de ces prestigieuses lignées et signe sur le label d’Edwyn Collins son premier album solo, délaissant son précédent groupe Working For A Nuclear Free City dont les influences était déjà éclectiques. L’opus s’ouvre doucereusement sur The Blue Between, un savant mélange pop-folk tout en progression, conduit par une guitare acoustique ponctuée de glockenspiel, mâtiné de cordes et de cuivres. Puis le catchy Aida, entre respirations et grandes envolées orchestrées, emporte tout sur son passage. Vient ensuite la déferlante Without Song, Days, et Eimi, aux arrangements d’une classe folle et aux motifs instrumentaux radioheadiens. La ligne de basse de Sharks possède un je-ne-sais-quoi du Walk On The Wild Side de Lou Reed. Familiar et son final bruitiste en crescendo de batterie tendue et guitares tonitruantes sonne comme un morceau de Sigur Rós, Tell Everyone To Wait revenant à l’essentiel, guitare et voix. If Only clôt l’opus à grand renfort de violon et de contrebasse, une orchestration qui aura fait office de fil conducteur durant ces dix actes célébrant aussi d’une certaine façon York – pas Thom cette fois -, la ville natale de John Barry, l’illustre compositeur des thèmes de James Bond.

McClure réensemence ainsi des champs de territoires musicaux fertiles, créant un univers cohérent, à la construction maitrisée et aux arrangements riches. La pochette annonçait intelligemment la couleur de façon métaphorique entre attachement aux racines et regard tourné vers le ciel. L’hommage est confondant, les frontières abolies et l’évasion totale. McClure, en tirant sur la (les) corde sensible, ajoute sa pierre à l’édifice musical anglo-saxon, les pieds bien sur terre et la tête dans les nuages, nous conviant à un bien beau voyage.

 

Gary McCLure interprète Aida


10 titres / 39 mn (AED Records) – Sortie le 12/06/2013

Gary McCLure : Voix, guitares, basse, violoncelle – Philip Kay : Claviers – Philip France : Contrebasse

Produit par Gary McClure

En savoir plus : www.aedrecords.com


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