Gaz Coombes : World’s Strongest Man


GAZ RARE

Pochette de World's Strongest Man par Gaz CoombesBon d’accord, le Mondial de football a commencé et on va en bouffer pendant un mois. Mais la Russie, ce n’est pas que racisme, hooliganisme, autoritarisme et soupçons en tous genres. La Russie, c’est aussi Mendeleïev qui n’est pas le nouvel attaquant-phare du Spartak de Moscou.

 

Souvenez-vous : en 1869 (bien avant la première Coupe du monde de football donc), Dmitri Ivanovitch Mendeleïev publie sa classification périodique des éléments, un tableau qui changera le cours de la chimie moderne, dont est pourtant absent un vrai Gaz noble : le Gaz Coombes. Gareth Michael Coombes nait en 1976, soit 107 ans tout juste après la table de Mendeleïev. Un rapport ? Non, aucun. Mais aujourd’hui l’ex-leader de Supergrass s’est enfermé chez lui pour composer et enregistrer son troisième album en solo. Si l’esprit DIY est clairement revendiqué (les bruits de pédales d’effet au début de In Waves), le Britannique prouve qu’il n’est pas un Gaz inerte, laissant à nouveau libre court à la même créativité ravageuse doublée d’un anticonformisme bien rafraîchissant. Après le très acclamé « Matador » sorti en 2015, ce « World’s Strongest Man » arrive à point nommé puisqu’il traite d’un sujet hautement actuel : la fin du machisme et du règne d’une espèce plus en extinction de voix qu’en voie d’extinction : ceux qui veulent toujours pisser plus haut que les autres et qui ont toujours la plus grosse (bagnole, baraque, bague, c’que vous voulez tant que ça commence par un b…).

Musicalement, le disque est à ranger au rayon des petites pépites d’anciens leaders emblématiques de la Britpop, au même titre pour moi que le « Everyday Robots » de Damon Albarn, le « High Flying Birds » de Noel Gallagher ou quelques disques savoureux de Brett Anderson. La reconversion est donc totalement réussie pour Coombes, responsable d’une petite tripotée de tubes indie-pop en devenir. Auteur, compositeur, producteur et interprète de presque toutes les parties instrumentales, notre homme le plus fort du monde s’autorise tout juste la participation de quelques potes, dont le bassiste de Radiohead Colin Greenwood. Le ton est donné. Et ce qui frappe à l’écoute de cet album dense, c’est la facilité du Monsieur à toucher à tous les styles et à jouer avec leurs codes. Capable de naviguer entre rock, folk et pop avec une déconcertante virtuosité, d’aligner slows d’anthologie (Shit (I’ve Done It Again), Slow Motion Life), tubes pop imparables (Wounded Egos, Deep Pockets), chansons au drive incandescent (In Wave, The Oaks) et morceaux fiévreux qui partent en vrille (Vanishing Act), Coombes montre qu’il est un Gaz combustible et naturel qui fait ce qu’il veut. Et de toute façon, comme le dit un vieux proverbe oxfordien, « If Gaz’ not hot, Gaz runs », qu’on pourrait traduire à peu près par « Si Gaz pas chaud, Gaz part ».

 

La vidéo officielle du single Deep Pockets


11 titres / 42 mn (Caroline) – Sortie le 04/05/2018

Gaz Coombes : Voix, tous instruments – Nick Fowler : Guitares, piano, basse, chœurs – Garo Nahoulakian : Guitares, chœurs – Colin Greenwood : Basse – Gita Langley : Violon – Faith Simpsonn Beverlei Brown, Loz Colbert & The Kids Of Sonning Common Primary School : Chœurs

Produit par Ian Davenport & Gaz Coombes

En savoir plus : www.gazcoombes.com


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