Hugh Coltman : Who’s Happy ?


MAIS QU’EST-CE QU’ON ATTEND ?

Pochette de Who's Happy par Hugh ColtmanC’est pas parce que le farniente des vacances estivales pointe le bout de son nez qu’on doit forcément arrêter de se poser des questions existentielles. Le 18 juin dernier, le sujet du bac philo – section L – questionnait « La culture nous rend-elle plus humain ? ». Tout un programme, n’est-ce pas ?

 

Et pour ceux qui n’ont pas d’avis arrêté sur le sujet, Hugh Coltman est là. Habitué des chroniques d’LVM, le Britannique installé à Paris, qui ne sait sûrement pas qu’il est ici chez lui (on va finir par lui faire un lit dans la chambre d’amis), y va de son questionnement métaphysique. Oubliés les classiques Qui on est ? D’où qu’on va ? Dans quelle étagère ?, lui veut savoir qui c’est qu’est heureux aujourd’hui, en 2018. Pile dix ans après « Stories From The Safe House », le quatrième disque en solo de Coltman fait aujourd’hui suite à « Shadows », un album hommage à la musique de Nat King Cole qu’écoutait sa maman. Consacré à sa suite « Voix de l’Année 2017 » par les Victoires de la musique jazz, il entre encore un peu plus  – s’il en était besoin – dans le cercle fermé des jazzmen qui montent, qui montent, qui montent, lui qui y était arrivé un peu par hasard. C’est que le musicien est un vrai boulimique qui ne s’interdit aucune collaboration (Eric Legnini, Alexandre Kinn, Autour De Chet, rien que sur LVM) avec le résultat qu’on connait désormais.

Pour ce nouveau projet, le barbu chanteur a voulu explorer de nouveaux terrains de jeu. Contrairement à son prédécesseur, le disque contient presque exclusivement des compositions originales de Coltman – et même quelques mots en français (ah, cet accent…) – que ce dernier a voulu aller enregistrer à la Nouvelle-Orléans, emblématique berceau du jazz. On trouve aussi autour du chanteur une équipe renouvelée, au pedigree impressionnant (Freddy Koella, réalisateur de l’album, a collaboré avec une foule d’artistes illustres, de Francis Cabrel à Bob Dylan en passant par K.D. Lang et Zac Richard) même si les fidèles acolytes sont là aussi : Krystle Warren bien sûr, mais aussi le pianiste Gael Rakotondrabé et le batteur Raphaël Chassin, déjà présent en 2008. Alors au final, une musique qui ne pouvait qu’être haute en couleur alternant fanfares orléanaises endiablées et balades intimistes plus proches de ses débuts et qui prouve une chose : quoi qu’il chante (reprises ou compos originales), quoi qu’il joue (pop, jazz, chanson, blues), sa musique sonne toujours comme du Hugh Coltman parce qu’il incarne véritablement ce qu’il chante. A se demander même parfois si certains standards de jazz n’ont pas été écrits pour lui en leur temps. Et si là, y’a pas de quoi être heureux…

 

La vidéo officielle du single Civvy Street


11 titres / 52 mn (Okeh/Sony) – Sortie le 02/03/2018

Hugh Coltman : Voix – Freddy Koella : Guitares, mandoline, violon – David Torkanowski : Piano, Wurlitzer, Hammond – Gael Rakotondrabé : Piano – James Singleton & Sylvain Romano : Contrebasse – Raphaël Chassin : Batterie, percussions – Ray Moore : Clarinette, saxophones – Frédéric Couderc : Clarinette – David Boswell : Trompette – Rick Tolsen & Jerry Edwards : Trombone –  Matt Perrine : Sousaphone – Sweetie Carter, Yadonna Wes, Krystle Warren & Melissa Laveaux : Voix

Produit par Freddy Koella & Hugh Coltman

En savoir plus : www.hughcoltman.com


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