Rhoda Scott : We Free Queens


L’ « R » DES REINES DE LA NUIT

Pochette de We Free Queens par Rhoda ScottAlors que notre chroniqueuse Ilse G fêtait aujourd’hui son anniversaire, et à peine cinq jours après la journée internationale du droit des femmes, quoi de mieux qu’un album où il est question de jazz, de saxophones, de femmes et de famille, des thèmes qui nous sont chers aussi, sur LVM.

 

Alors disons le tout de go : pour la sortie de ce disque au titre révélateur, le faire-part de naissance aurait pu être ainsi rédigé : « Papa Jazz américain et Maman Jazz à la française sont heureux de vous annoncer la naissance de leur premier enfant, par la même le premier né en la maternité Sunset Records. L’enfant pèse 15g et mesure 12cm de diamètre, lui et la maman se portent bien » . Car l’air de rien, cet album est un petit tour de force à lui tout seul à bien des égards. Que Rhoda Scott – légende vivante du jazz et de l’orgue Hammond – sorte un disque est déjà un évènement en soi, mais qu’elle le sorte à la tête d’un quartet composé uniquement de jazzwomen françaises, que cet opus soit le premier sorti sur le tout nouveau label Sunset Records (émanation du réputé club de jazz parisien Le Sunset), tout cela ne fait qu’accentuer le caractère unique de ce disque. Un disque chaleureux à l’image de l’Américaine aujourd’hui installée à Paris et qui métisse joliment ses influences comme les deux reprises le montrent : un standard de Ray Charles (que la belle a bien connu) et un autre de Charles Trénet. Ray Charles Trénet, tout est dit.

Mais notons aussi que « We Free Queens » est un enregistrement un peu particulier puisqu’il a bien été enregistré en concert, mais il arbore pourtant un son propre aux caractéristiques proches de celles du studio. Alors que les applaudissements sont d’ailleurs souvent presque inaudibles, l’ambiance pourtant est au rendez-vous. Depuis un soir de 2007 au Sunset déjà, la « Barefoot lady » s’est entourée de trois jeunes jazzwomen aussi talentueuses qu’actives au sein de la scène française : les saxophonistes Sophie Alour (qui est toujours des meilleurs plans) et Lisa Cat-Berro, et la batteuse Julie Saury, fille de Maxim Saury. Elles sont accompagnées cette fois de trois invités de marque : Julien Alour (« frère de » et seule île au milieu des ailes seul il au milieu des elles), Géraldine Laurent et Anne Paceo. Ensemble, les quatre fantastiques devenues sept samouraïs (re)créent un jazz funky aux délicieuses saveurs d’antan où le hard-bop des années 60 n’est jamais très loin, me rappelant mes bons vieux disques de Jimmy Smith, Dr. Lonnie Smith et autre Larry Young (tous trois des organistes de l’écurie Blue Note). Alors oui, en me faisant remonter le temps, bien calé dans mon fauteuil, avec simplicité et élégance, Rhoda est bien le « R » des reines de la nuit, sûrement cher au Mozart d’une autre dimension. Merci Rhoda… et bon anniversaire, Ilse !

 

Le Lady Quartet de Rhoda Scott interprète l’éponyme We Free Queens


8 titres / 42 mn (Sunset Records) – Sortie le 03/02/2017

Rhoda Scott : Orgue Hammond – Sophie Alour : Saxophone ténor – Lisa Cat-Berro : Saxophone alto – Julie Saury : Batterie – Julien Alour : Trompette – Géraldine Laurent : Saxophone alto – Anne Paceo : Batterie

En savoir plus : www.sunset-sunside.com


4 Comments on “Rhoda Scott : We Free Queens

  1. Elle était il y a quelques semaines sur Open Jazz. Elle a l’air très sympathique 😉

    • Elle en a l’air, en effet. Comme je dis dans la chronique, d’une grande simplicité alors qu’elle a côtoyé les plus grands, et qu’elle est elle-même une légende vivante…
      Merci, Ilse !

  2. Merci demetrius pour cette belle chronique … Et pour tes vœux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *