Vitalic : Voyager


BESOIN VITALIQUE ?

Pochette de Voyager par Vitalic2017 démarre fort avec la sortie du quatrième opus du dijonnais Pascal Arbez-Nicolas, alias Vitalic. L’occasion pour Ænim A et Demetrius P de croiser leur regard pas si différent sur la musique d’un véritable pilier de l’électro française.

 

Ænim A – Vitalic de Dijon est un peu à l’électro ce que la moutarde est à n’importe quel plat : ça met les papilles en alerte, ça peut piquer un peu une fois sur la langue, mais au final ça file un sacré coup de boost. Ouais bon, désolée, elle était facile. Il n’empêche qu’à l’écoute de Voyager, je ne peux me retenir de transposer mentalement chacun des morceaux sur le terrain vrombissant du festival Rock En Seine où j’ai vu le Dijonnais envoyer des décharges électriques à la foule depuis sa platine en 2013 : le tyran des dancefloors est parvenu à faire se déhancher tous les corps voisins du mien, même les plus récalcitrants ou ceux qui, comme moi, avaient atterri dans le fond de la fosse un peu par hasard… Mais retournons vers le futur. Dans le sillage de Justice qui a dégainé son « Woman » deux mois plus tôt, Vitalic attend que les étoiles s’alignent… le single Waiting For The Stars vient en tout cas de placer cette année 2017 sous le signe du neo-disco et de l’électro maximale, tel que Laurent Garnier se plaît à nommer ce genre en opposition à la techno minimale allemande. « Can’t escape the need to know what the future holds« , y entend-on claironnerJe ne partage pas vraiment l’impatience de Vitalic quant à ce que 2017 nous réserve. Mais quand je regarde les astres briller au loin dans le ciel, en effet, ça va tout de suite mieux. Avec son accent disco-pop – je pense notamment sa reprise risquée du Don’t Leave Me Now de Supertramp -, pas certaine que « Voyager » parvienne à faire chavirer tous les cœurs. Mais une chose est sûre : les corps seront conducteurs. Quant au mien, rien que pour les nappes spatiales lourdes de ce condensé d’énergie rétro-futuriste, il lui tire une courbette.

Demetrius P – Vitalic pourrait sûrement devenir le nouveau médicament générique de toute une génération, celle des lendemains qui déchantent et des décennies à venir incertaines. Un remède contre la morosité ambiante, une pilule du (sur)lendemain, une bille homéopathique contre les jambes lourdes. Car le moins qu’on puisse dire, c’est que sur la musique du Frenchy on se trémousse sans retenue. Son quatrième album ne déroge pas à la règle et on est branchés sur 1000 volts du début jusqu’à la quasi toute fin. Même si en ressemblant à une mauvaise reprise de Santana, la trop fade reprise du supertrampien Don’t Leave Me Now perd l’intérêt de la version originale, elle constitue selon moi le seul bémol de cette impeccable partition. A part ça, aucun temps mort, le paysage spatial et les BPM défilent à toute allure et les titres sont d’ailleurs là pour le prouver, de l’excellent Hans Is Driving à Lightspeed. Avec son électro disco-pop sans concession, Vitalic continue de représenter à mes yeux d’ignare mécréant le gardien d’un temple attaqué de toutes parts par les canons de la renommée. Des featurings de ouf, des beats d’anthologie, des synthés – et donc des ambiances – vintage de grand malade, bref tous les ingrédients sont ici réunis pour faire de ce disque un classique des lives électroniques. Car qui dit grand malade dit… Vitalic bien sûr !

 

La vidéo officielle du single Waiting For The Stars


10 titres / 41 mn (Citizen Records) – Sortie le 20/01/2017

Pascal Arbez-Nicolas : Tous instruments – David Shaw And The Beat, Miss Kittin, Mark Kerr, Tristan Stansbury, Brenna McQuarrie : Featurings

Produit par Vitalic

En savoir plus : www.citizen-records.com


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