Vaiteani : Vaiteani


VAHINÉ, C’EST GONFLÉ

Pochette de Vaiteani par VaiteaniOh je sais, c’est un peu facile mais voilà. Même si la chandeleur est passée depuis longtemps maintenant, elle a laissé des traces. Et en repensant à ses délicieuses crêpes maison, comme une évidence : Vaiteani aussi, c’est gonflé.

 

Alors Vaiteani, c’est qui, c’est quoi ? On pourrait parler d’une espèce de « nom gigogne » puisqu’il s’agit du titre de l’album, qui est en fait le nom du groupe, qui est en fait le prénom de la chanteuse à l’autre bout du monde. Car à ce stade, on met son paréo et en avant pour un petit topo de géo : la Polynésie Française est une COM (pour Collectivité d’Outre-Mer) composée de cinq archipels. Si l’on connaît tous Tahiti, la principale des cent-dix-huit îles que compte la Polynésie, on oublie trop souvent que ces terres lointaines portent en elle une richesse culturelle inimaginable. Le premier album du duo Vaiteani cultive à lui seul cette richesse, mêlant les langues (anglaise et polynésienne) à la musique qu’on peut facilement qualifier de folk, et qui demeure à la fois emprunte de son territoire et ouverte sur le monde. A bien des égards aux antipodes de notre société frénétique, la musique s’entoure du mystère qui fait les choses rares, les pépites introuvables, et il m’aura fallu d’ailleurs faire preuve de volonté pour l’approcher un peu plus (merci, Luc !).

A l’écoute de l’album, on prend la mesure d’une difficulté à caractériser les musiques traditionnelles de la Polynésie et plus généralement de tout le Pacifique sud. A mes oreilles, c’est un peu comme si le caractère unique de cet univers se limitait à la langue – terriblement chantante, mystérieuse et loin de nous (certes, on est à plus de 15 000 km) – et au cliché que représente le ukulélé hawaïen voisin du Pacifique nord. En effet, il s’agit de quelques notes égrenées sur l’instrument et l’on se retrouve immédiatement transporté sur Tahiti Nui, au pied du mont ‘Orohena, encerclé par la barrière de corail. Avouez qu’il y a pire comme situation. Mais cette situation ne fait que se compliquer encore lorsque Luc, compagnon de Vaiteani et curieux de la bande, parsème ses arrangements d’instruments du monde rapportés de ses pérégrinations musicales : le tambour udu et le balafon africains viennent ainsi brouiller les pistes en enrichissant une musique de carte postale pourtant de plus en plus occidentalisée et en renforçant, ici mieux qu’ailleurs, le lien ténu entre terre et mer. Alors, perdu au milieu de l’océan, mi-Brel mi-Gauguin des bacs à sable, savourons la douce et naturelle mélancolie vaiteanienne. Au suivant !

 

La vidéo officielle du single Silver Ocean


12 titres / 37 mn (Un Plan Simple) – Sortie le 20/10/2017

Vaiteani Teaniniuraitemoana : Voix, guitare, chœurs – Luc Totterwitz : Guitares, ukulélé, balafon, udu, percussions, chœurs – David Grumel : Basse, piano, claviers, guitares, percussions – Cédric Gerfaud : Batterie – Makau Foster, Teva Pani, Calmelito Tauraa & Tiffany Berton : Chœurs – Stéphane Lozac’h & Olivier Visconti : Claviers – Jérôme Descamps : Trombone

Réalisé par David Grumel, Luc Totterwitz & Vaiteani Teaniniuraitemoana

En savoir plus : www.vaiteani.com


One Comment on “Vaiteani : Vaiteani

  1. Je comprends que tu aies chroniqué Vaiteani, Démétrius.
    J’ai aussi craqué pour cet album qui me donne plein de pêche et de calme à la fois.
    Un coup de cœur en ce qui me concerne.

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