La Féline : Triomphe


DIS-MOI, FÉLINE

Pochette de Triomphe par La Féline« Les années ont passé… » comme disent les paroles de la chanson du gaufré. Et c’est peu dire que la féline Agnès Gayraud a grandi depuis son premier album aux doux effluves de new wave bricolée, le bien nommé « Adieu l’Enfance ». Petites explications, en français dans le(s) texte(s).

 

Le choix d’un nom de scène n’est jamais évident, d’autant plus qu’il est profondément révélateur de l’univers d’un artiste. Sur votre blog préféré, hier Patrick Moriceau – alias Octave Noire –, aujourd’hui La Féline. Depuis toujours, le monde animalier a marqué profondément les compositeurs, les interprètes et plus généralement les artistes, et l’on se souvient forcément de notre enfance (encore elle) bercée par des œuvres intemporelles telles que Le Carnaval Des Animaux ou Pierre Et Le Loup. Plus proche de nous, tout le monde connaît les Beatles, Eagles, T. Rex et autres Howlin’ Wolf. Et rien que dans les allées du parc musico-zoologique de LesVeillesMusicales on pourrait croiser entre autres Arctic Monkeys, Bonobo, Cat Power, Gogo Penguin, Grizzly Bear ou House Of Wolves pour ne citer que ceux-là. Mais ce qui importe ici n’est pas la bête en elle-même. C’est plutôt son caractère, à travers cette frontière ténue entre l’animal et l’humain. Un peu à l’image de l’autre Féline, celle que Jacques Tourneur mettait déjà en scène sous les traits fantastiques (et les poils donc…) de Simone Simon en 1942.

Si j’ai longtemps hésité à partager l’album de la Féline, c’est qu’il m’a fallu du temps pour l’intégrer, le digérer. En bonne chroniqueuse qu’elle est, j’espère qu’Agnès Gayraud me pardonnera (et sinon, prout !). J’avais besoin de réfléchir au rapport que j’entretenais avec cette musique diablement pop. Pas spécialement novatrice, cette dernière me faisait irrémédiablement et involontairement – comme beaucoup sûrement – penser à celle d’une autre : Zazie (tiens, encore un pseudonyme littéraire), en mieux. Par sa voix, ses arpèges de guitares, ses (octo)basses-batteries ronflantes. Mais voilà, sur LVM, j’ai tendance à être attiré par les gens d’ici qui font de la musique d’ailleurs, ou les gens d’ailleurs qui font de la musique d’ici, je sais c’est bête mais c’est comme ça (re-prout!). Alors pourquoi ce « Triomphe » ? Peut-être pour l’imagination foisonnante dont la Féline fait preuve – à mi-chemin entre « Le Pacte Des Loups » (Senga), « Sa Majesté Des Mouches » (Le Royaume) et les mangas du genre Cat’s Eyes, une troisième féline, décidément. Ici, j’aime la richesse de l’univers, j’aime quand le saxophone de Yoann Durant vient foutre joyeusement le bordel sur Le Royaume (encore lui !), j’adore que l’album se termine par les trois minutes d’une chanson (Nu, Jeune, Léger) et ses seuls trois mots, inlassablement répétés. Alors non, Féline, « ne rougis pas, tu auras pu rendre un homme heureux… ».

 

La vidéo officielle du single Senga


11 titres / 42 mn (Kwaidan Records) – Sortie le 27/01/2017

Agnès Gayraud : Voix, guitares – Xavier Thiry : Synthés – Sébastien Dousson : Basse – Franck Garcia : Batterie – Yoann Durant : Saxophone – Michael Schmidt : Flûte, octobasse – Perrine Bailleux : Chœurs

Réalisé par Xavier Thiry

En savoir plus : www.lafeline.bandcamp.com


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