Sky Music : A Tribute To Terje Rypdal


PLAIDOYER POUR UN NOËL BLANC

Pochette de Sky Music par Terje RypdalNorvale… (Ça commence bien…) Normalement, Noël, c’est tout blanc. On se réveille le matin, et tous les sons sont cotonneux (pas seulement les sons, quelquefois) à cause de la neige qui est tombée pendant la nuit. C’est comme ça qu’on m’a vendu Noël quand j’étais petit (du moins dans mon souvenir, parce que ça date).

 

 

Cet article n’est pas écrit en temps réel (enfin si, mais il n’est pas publié en temps réel, ne recommencez pas à chipoter), mais ça m’étonnerait fort que, demain, le blanc manteau des contes de mon enfance m’éblouisse. Une solution serait de s’expatrier, pour les fêtes, dans une contrée où il fait toujours froid et où la neige n’est pas encore devenue une abstraction. La Norvège semble une bonne idée. Mais l’opération présente quelques inconvénients. C’est loin. Ça revient cher d’y aller. Il y fait froid (oui, bon, je sais…). Les gens y parlent une langue que personne ne connaît. Et au réveillon, on vous sert du Ribbe : poitrine de porc rôtie, avec choucroute, pommes de terre vapeur, saucisse de Noël, boulettes de viande et sauce. Où est la dinde ?

Optons pour une solution moins onéreuse et plus confortable. Norway par le disque. Longtemps, pour moi, la musique norvégienne s’est limitée aux suites orchestrales de Peer Gynt de Grieg. Et je rêvais aux grandes étendues glacées figurées par l’Atmosphère Matinale de la première suite. Plus tard, j’ai appris que dans la pièce d’Ibsen, à ce moment-là Peer Gynt était en Afrique. Ça m’a refroidi, si l’on peut dire. Et puis, j’ai fini par découvrir le jazz nordique, un jazz où le sens de l’espace est particulièrement prégnant, mis en valeur dès le début des années 70 par le label allemand ECM. Avec comme figures de proue le saxophoniste Jan Garbarek, le contrebassiste Arild Andersen, le batteur Jon Christensen… Et le guitariste Terje Rypdal, sujet du disque hommage dont il est question ici. Cité par le magazine américain « Guitar » dans la liste des meilleurs guitaristes dont vous n’avez jamais entendu parler, Rypdal est une sorte de guitar hero en Scandinavie, comme Hendrix, B.B. King ou Eric Clapton, mais le réduire à un tricoteur de manche serait réducteur. D’abord parce que finalement, il tricote peu, préférant une approche plus atmosphérique de l’instrument, et ensuite parce que c’est également un compositeur hors pair, dont la palette stylistique va largement au-delà des six cordes de son instrument. Tendez une oreille à l’album « Melodic Warrior » (2013) avec entre autres le Hilliard Ensemble, quatuor vocal anglais œuvrant d’ordinaire dans la musique ancienne. Ici, il est préférable d’aimer la guitare électrique (plusieurs titres en rassemblent cinq), l’accent étant davantage mis sur le côté rock de la production de Rypdal. Produit par Henry Kaiser, un autre meilleur guitariste dont vous n’avez jamais entendu parler, ce disque finit, paradoxalement, par réchauffer l’atmosphère. Et voilà, ici, il pleut.

 

Le dernier morceau de l’album, à l’origine enregistré avec Miroslav Vitous et Jack DeJohnette


9 titres / 80 mn (Rune Grammofon) – Sortie le 25/08/2017

Hedvig Mollestad Thomassen, Reine Fiske, Even Helte Hermansen, Henry Kaiser, Raoul Björkenheim, Hans Magnus Ryan, Bill Frisell & David Torn : Guitare électrique – Ståle Storløkken : Claviers – Ingebrigt Håker Flaten : Basse électrique, contrebasse – Gard Nilssen : Batterie – Nels Cline : Guitare électrique, basse, boucles – Erik Friedlander : Violoncelle – Jim O’Rourke : Pedal steel, guitare synthétiseur, guitare acoustique, synthétiseur, contrebasse

Produit par Henry Kaiser

En savoir plus : www.ecmrecords.com


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