Sirba Octet : Tantz !


BAGUETTE ET TRADITIONS

Pochette de Tantz ! par Sirba OctetTout comme LesVeillesMusicales, mon fiston vient juste de fêter ses trois ans. Le temps passe vite. Et à cette occasion, la tarte aux fraise achetée dans notre boulangerie-pâtisserie favorite était tout bonnement délicieuse.

 

Rien à voir donc avec la baguette dont je vais vous parler aujourd’hui, puisque cette dernière ne contient ni farine ni levure. Une baguette que Richard Schmoucler et ses acolytes du Sirba Octet connaissent bien en revanche car l’ensemble, fondé en 2003, réunit pour la plupart des musiciens de l’Orchestre de Paris. Ce n’est donc pas directement du schtetl – ni du fin fond de la Syldavie chère à Hergé – que nous viennent les huit-plus-un (n’oublions pas le talent du neuvième homme et arrangeur Cyrille Lehn), et pourtant ils portent haut les couleurs des musiques yiddish et tzigane, à travers leurs concerts en France et dans le monde entier. Cette musique, inscrite dans les gênes du peuple juif si souvent poussé à l’errance, je la connaissais sans vraiment la connaître. En fait, du klezmer je connaissais surtout le courant jazz actuel que représente magnifiquement David Krakauer, pour ne citer que lui.

Aujourd’hui, la relecture du répertoire traditionnel par la bande à Schmoucler, naturellement teintée de couleurs propres aux musiques de chambre et symphonique, donne de nouvelles clés (de sol, bien-entendu) pour en ouvrir les portes. Le mot « contraste » est important à mes oreilles, et il s’agit ici d’un mot qui compte double, voire triple. Contrastant avec une virtuosité hors-pair, le profond lyrisme qu’apportent les cordes et la clarinette font inévitablement dresser les poils d’un auditeur happé par l’ambiance, tiraillé entre joie frénétique et nostalgique tristesse. Alors que, dans les traditions musicales ancestrales (africaine, asiatique, sud-américaine…) la danse a toujours été intimement liée à la musique – notamment dans la célébration de rites et de fêtes -, les deux servent aussi ici d’exutoire, autant pour oublier que pour se souvenir. Par les moustaches de Plekszy-Gladz : Ashkénaze, klezmer, yiddish ou czimbalum, si cela vous parle peu et à défaut de vous aider à briller en société, vous pouvez au moins gagner au scrabble, même sans mot compte triple. Sinon il me reste de la tarte aux fraises, z’en voulez ?

Le titre d’ouverture Hora De Bessarabie


14 titres / 65 mn (La Dolce Volta/Harmonia Mundi) – Sortie le 16/10/2015

Richard Schmoucler & Christian Brière : Violon – David Gaillard : Alto – Claude Giron : Violoncelle – Bernard Cazauran : Contrebasse – Philippe Berrod : Clarinette – Yann Ollivo : Piano – Iurie Morar : Cymbalum – Cyrille Lehn : Arrangements

Produit par La Dolce Volta

En savoir plus : www.sirbaoctet.com


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