Yom : Songs For The Old Man


LE VIEIL HOMME E(S)T LE PÈRE

Pochette de Songs For The Old Man par YomPresque comme le chantait Joséphine Baker il y a un siècle, j’ai deux amours : le jazz et le folk. Alors imaginez un peu : lorsqu’un musicien joue les deux en même temps, sans cheveux mais avec bonheur et passion, l’occasion est trop belle.

 

Parce que c’est ici le pari réussi de Guillaume Humery, alias Yom. Voilà sept albums et le double d’années que le parisien explore sans peurs et sans reproches toutes les possibilités que lui offre sa black stick (en référence à un titre du clarinettiste Sydney Bechet). S’il s’est fait un (re)nom et une vraie place dans le jazz – tendance klezmer – en multipliant les collaborations (de Wang Li à Ibrahim Maalouf, encore et toujours lui…) et les angles d’approche, le grand public retiendra surtout de lui sa participation à l’album « La Femme Chocolat » d’Olivia Ruiz, en 2005. Car la fameuse clarinette sur J’traîne Des Pieds, c’est lui ! Fils d’une mère juive et d’un père clarinettiste, Yom trace depuis toujours un trait d’union entre ses deux parents à la pointe de sa black stick. Mais aujourd’hui, c’est principalement vers l’héritage paternel que se tourne l’instrumentiste au crâne lisse, en se référant à l’exil américain de ce père dans les années 50, alors que lui-même n’était pas né.

Si j’avais déjà approfondi un peu ma connaissance de la musique klezmer lors d’une précédente chronique consacrée au Sirba Octet, l’album de Yom ouvre cette fois en grand de nouveaux horizons, au propre comme au figuré. On pourrait dire en effet que le disque représente en même temps sa Chevauchée fanta-stick à lui et mon Alamo à moi. Car la musique du quintette aurait pu tout à fait servir de bande-son à la fresque historique de John Wayne, en allant chasser sur les terres texanes (et sur le son d’ailleurs) du groupe Calexico. Et ce qui est magique ici, c’est justement cette juxtaposition de deux mondes parallèles pour n’en faire plus qu’un. Tout au long des neuf titres en effet, j’ai eu la sensation qu’on ne distinguait plus vraiment le jazz du folk ni dans le répertoire ni dans les arrangements ni même dans la formule en quintette. L’un emprunte à l’autre en même temps qu’il lui donne ses codes et ses schémas. Pas évident à classer sur LesVeillesMusicales mais tellement bon à écouter. En fait, il ne manquerait plus qu’une belle chemise de bûcheron à gros carreaux pour que Yom ne fasse encore le trait d’union… et le grand saut. Allez, la stick !

 

Yom interprète le single Eldorado 54 sur France Musique


9 titres / 45 mn (Buda Musique) – Sortie le 15/04/2016

Yom : Clarinettes – Aurélien Naffrichoux : Guitares, steel guitar – Guillaume Magne : Guitares, dobro, banjo – Sylvain Daniel : Basse – Mathieu Penot : Batterie

Produit par Yom

En savoir plus : www.yom.fr


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