Samuel Strouk : Silent Walk


QUINTETTE AVANT

Pochette de Silent Walk par Samuel StroukAprès le repas (g)astronomique de ce midi, et avant une sieste réparatrice, le moment était idéal pour rédiger ma chronique, la chronique d’une promenade forcément digestive autant que créative. Attendez, je mets mon cache-nez et je suis à vous…

 

Voilà, c’est fait ! Que ce soit en jazz, en musiques classique ou du monde, la nuit a toujours inspiré les compositeurs. A travers les standards de Thelonious Monk Round About Midnight, ou d’Antonio Carlos Jobim Quiet Nights Of Quiet Stars (bien qu’à l’origine Corcovado), en passant par Une Nuit Sur Le Mont Chauve de Moussorgski, l’inconscient collectif assimile aussi souvent les heures nocturnes à l’inconnu, au mystère et donc à l’introspection. Si ici « Silent Walk » ne fait pas explicitement référence à la nuit, la déambulation à laquelle nous invite Samuel Strouk aurait pourtant bien pu servir de bande-son à ma lecture de « La Nuit », courte nouvelle fantastique – et non moins géniale – que l’on doit à la plume de Guy de Maupassant et par laquelle j’étais justement absorbé en même temps que j’écoutais le premier album du compositeur, programmateur du Maisons-Laffitte Jazz Festival à ses heures. Car qui dit premier album ne veut pas forcément dire premier venu.

Et c’est le moins qu’on puisse dire en ce qui concerne Samuel Strouk. Diplômé des Conservatoire supérieur de Paris et de Montpellier, arrangeur, réalisateur, compositeur de musiques de film, d’un double concerto pour accordéon et violoncelle (tiens donc…). C’est que l’homme privilégie le caractère humain dans sa musique, affirmant écrire ses partitions en pensant à ceux qui les interprèteront. Les amis François Salque, Vincent Peirani et Diego Imbert sont donc inévitablement de la partie. Et le résultat est une musique qui se veut carrefour entre les univers qui font Samuel Strouk : musique de chambre, jazz, musiques improvisées ou traditionnelles. Les sonorités se marient à merveille et les arrangements, tantôt expressifs tantôt vifs – voire free -, soulignent avec réussite la beauté de chacun des instruments. En vrai leader, Strouk sait se faire discret et se mettre au service de la musique et de ce club des cinq, alternant arpèges divins, soutien rythmique et solos inspirés. Sous forme de scherzos autant que de ballades donc, c’est un peu la Balade des gens curieux, chère justement à Le Normand… Guy, le Normand précité : « Notre vieille Terre est une étoile où toi aussi tu brilles un peu… »

 

L’EPK de l’album « Silent Walk »


7 titres / 41 mn (Crescendo by Fo Feo Productions) – Sortie le 06/10/2017

Samuel Strouk : Guitares – François Salque : Violoncelle – Vincent Peirani : Accordéon – Florent Pujuila : Clarinette, clarinette basse – Diego Imbert : Contrebasse

En savoir plus : www.samuel-strouk.com


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