Hugh Coltman : Shadows


L’APPEL DE L’OMBRE

Pochette de Shadows par Hugh ColtmanLa Guerre de Cent Ans, l’Appel du 18 juin, les relations franco-anglaises ont toujours été extrêmement étroites et de Jeanne d’Arc à De Gaulle, de grands personnages jalonnent l’histoire tumultueuse d’une relation passionnelle.

 

Je ne sais pas exactement combien mesure Hugh Coltman, mais il sera à coup sûr le grand homme de cette rentrée musicale. C’est en 2008 que j’avais fait la connaissance du personnage alors qu’il défendait son premier album sur scène. Quatre ans plus tard, ma chronique du second, « Zero Killed », était la première (vous me suivez toujours ?) que je publiais en tant que papa évidemment comblé. C’est dire si j’ai pu assister à la lente évolution, par touches successives, du quadragénaire barbu. Car Hugh Coltman s’est construit. Et s’il se retrouve aujourd’hui à reprendre le répertoire de Nat King Cole, tel un crooner aguerri et entouré de jazzmen de premier ordre, ce n’est pas un hasard. Ce disque, comme d’autres je l’ai vu venir de loin et ce qui n’était alors qu’une réminiscence jazzy dans les chansons pop du Parisien d’adoption s’est aujourd’hui mué en une interprétation claire dénuée des artifices du genre. Pourtant, Hugh Coltman a tellement investi le costume du célèbre crooner américain qu’il lui va aujourd’hui comme un gant. Je ne savais parfois même plus s’il interprétait des standards ou bien son propre répertoire tant la musique résonnait comme une évidence.

Et voilà que le chanteur se paye en plus le luxe de toucher un point sensible de la personnalité de Nat King Cole en allant titiller le jazz et la musique noire américaine dans ce qu’ils ont de plus intime. Comme Melody Gardot sur son dernier album, « Shadows » nous parle en fait de société, de racisme et de solitude. Des tubes incontestés (Smile, Nature Boy, …) aux petites pépites insoupçonnées (magnifique Annabelle), Coltman – tel un gamin retrouvant les bras de sa maman – prend un plaisir tout à fait visible à tenter ce qu’il n’a jamais osé jusque-là et que le jazz peut enfin lui apporter. Ne reste plus à l’Anglais qu’à envahir totalement Paris et jouer avec la finesse qu’on lui connaît le match retour d’un « Astérix chez les Bretons » de rêve. Alors, peut-être pourra-t-il s’écrier : « Je vous ai compris » !

La vidéo officielle du single I Can’t Be Bothered


13 Titres / 47 mn (La Planque/Giant Steps) – Sortie le 28/08/2015

Hugh Coltman : Voix – Eric Legnini : Claviers – Misja Fitzgerald Michel & Freddy Koella : Guitares – Laurent Vernerey : Basse, contrebasse – Raphaël Chassin & Franck Agulhon : Batterie – Nicolas Liesnard : Orgue – Pierrick Pédron : Saxophone – Krystal Warren : Voix

Produit par Eric Legnini

Lire l’interview de Hugh Coltman sur LesVeillesMusicales

En savoir plus : www.hughcoltman.com


One Comment on “Hugh Coltman : Shadows

  1. J’adore … évidemment ! Feels like beeing home !
    Et Eric Legnini est décidément partout !

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