Adrian Crowley : I See Three Birds Flying


TRÉSOR CACHÉ, PRÉCIEUSE INTIMITÉ

i-see-three-birds-flying-lesveillesmusicales« Dans le feutré » aurait dialogué Audiard, et si cet album est arrivé jusqu’à moi, je l’avoue c’est un heureux hasard. Et pourtant cet irlandais n’en n’est pas à son coup d’essai puisqu’il s’agit de son sixième album suivant « Season Of The Sparks », gagnant du Choice Music Prize en 2009 (album de l’année en Irlande).

Dans un créneau folk encombré de produits bien emballés mais vides de substance, nous sommes ici en présence rien de moins que du digne héritier de Leonard Cohen. Moi qui aime les voix haut perchées, c’était du coup plutôt mal engagé mais je dois dire que le timbre de velours de Crowley est venu me chercher dans mes retranchements avec la sobriété et la classe des grands. Alors suspendons le temps pour un moment de pure congruence où la musique subtilement dépouillée et délicate rencontre la justesse de l’écriture et de l’interprétation, une rencontre intimiste mais qui ne serait restée dans l’ombre bien longtemps car disons le, nous touchons là à un objet rare. Comme un narrateur qui opère par distanciation en observant ses sujets pour en rendre toute la profondeur à travers les mots, comme un tisseur de canevas détaillant le quotidien en choisissant minutieusement ses couleurs, l’abstraction poétique mise en place par Crowley est d’une beauté désarmante confinant à un spleen sublime.

Ici les arpèges de guitares sont enrobés d’arrangements aériens sobres et classieux (cordes, claviers, flute traversière…). À l’image de tout l’album, les morceaux flottent en apesanteur entre réel et rêverie, portés  par une âme, certes en peine et crépusculaire mais qui confère à son œuvre un rendu lumineux, The Saddest Song en témoignant, triste mais clairement poignant. Si les noms de Stuart Stapples (Tindersticks), Bill Calahan (Smog) et Nick Drake ne vous sont pas inconnus vous tomberez à n’en point douter sous la grâce de ces poèmes mis en musique. Alors en conclusion s’il est un souhait que je puisse faire c’est que ce modeste monsieur puisse continuer à nous régaler de sa folk précieuse, car s’il est un album qu’il ne fallait surtout pas manquer d’acheter ces derniers mois c’est bien celui là !

La vidéo officielle de At The Starlight Hotel


11 titres / 37 mn (Chemikal Underground) – Sortie le 17/09/2012

Adrian Crowley : Voix, guitares électriques, claviers – Jeff Martin : Guitares – Stephen Shannon : Basse – Cillian McDonnell : Batterie

Produit par Stephen Shannon & Adrian Crowley

En savoir plus : www.adriancrowley.com


One Comment on “Adrian Crowley : I See Three Birds Flying

  1. J’adore « At The Starlight Hotel ». La mélodie et surtout l’arrangement.

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