Passenger : Runaway


FILET A L’ANGLAISE

Pochette de Runaway par PassengerAllez, je vous connais. Qui dit réveillon de la St-Sylvestre dit alcool à gogo. Certains d’entre vous vont boire comme des trous ce soir et je n’vous dis pas l’haleine de chacal demain matin au réveil. Mais en attendant, attention : il est bien sûr hors de question de prendre le volant.

 

L’histoire ne dit pas si Mike Rosenberg, lui, s’est dit « Passenger » suite à un réveillon trop arrosé. Alors que de ce côté-ci de la Manche, on le connaît surtout pour son single Let Her Go en 2012 (mais si, mais si, allez jeter une oreille sur Youtube, vous connaissez, c’est sûr !), le jeune homme de 34 ans en est quand même à son neuvième album, ce qui peut dénoter un ancrage certain dans la scène pop-folk britannique actuelle. Sans constituer une pièce maîtresse du genre, le disque a retenu mon attention d’humble curieux à quelques menus égards. D’abord, si toute l’imagerie ici invoque les grandes plaines américaines, les routes désertiques à la Monument Valley qu’on parcourt à bord d’une grosse Cadillac Eldorado de 1955, c’est peut-être un peu comme un retour aux sources pour Rosenberg, lui le fils de quaker juif américain expatrié. Et la sémantique de l’album n’est pas en reste non plus puisqu’on y parle aigles, bisons et grizzly, geysers et Yellowstone, il ne manquerait presque plus qu’un Apache sorti d’un film de et avec John Wayne pour que la carte postale soit complète. Ugh.

Côté musique là aussi, toute la panoplie du parfait petit folkeux est endossée par le guitariste Ben Edgar (guitare slide, pedal steel, mandoline, banjo) et si ça ne suffit pas, on est même prêt à jouer sur la corde sensible avec des p’tites trompettes mariachi et… des cordes bien sûr. En fait, on a bien affaire à une musique pop-folk-rock mainte fois entendue déjà et qui ravira les fans de Damien Rice, Angus Stone, City And Colour ou Robert Francis. Sauf qu’à part ce dernier, aucun n’est Américain. Entre l’Irlandais, l’Australien, le Canadien et notre Britannique donc, c’est un peu à celui qui aura le plus l’air yankee et à ce petit jeu (dont nous ne sommes bien entendu pas dupes, si ?), Passenger s’en sort plutôt pas mal grâce à quelques bons moments, une production dense, un accent so British savoureux et ce grain de voix érodé au flow reconnaissable. Bref, sans dire que cette généreuse galette m’accompagnera pendant des décennies, elle m’aidera en tout cas à passer l’hiver au chaud et c’est sûr, je ne l’oublierai pas de sitôt. Car comme dit la Sécurité Routière, « quand on tient à quelqu’un, on le retient ». Bon réveillon à tous !

 

La vidéo officielle du single Survivors


10 titres / 38 mn (Black Crow Records/Cooking Vinyl) – Sortie le 31/08/2018

Mike Rosenberg : Voix, guitare acoustique, vibraphone, chœurs – Ben Edgar : Guitares électriques, mandoline, lapsteel, banjo – Jon Solo : Hammond, Juno 106, Wurlitzer – Rob Calder : Basse – Peter Marin : Batterie, percussions – Geraldine Hollett, Phillip Churchill & Andrew Dale : Chœurs – …

Produit par Chris Vallejo & Mike Rosenberg

En savoir plus : www.passengermusic.com


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