Angélique Ionatos : Reste La Lumière


LA HUITIÈME MÈRE VEILLE

Pochette de Reste La Lumière par Angélique IonatosHorreur ! Ce matin, je découvrais un frigo vide de yaourts brassés. Fort heureusement, et parce que je tiens à mon petit-déjeuner équilibré (car rappelez-vous, les produits laitiers sont nos amis pour la vie !), il me restait malgré tout deux yaourts à la grecque. Miam.

 

Et là forcément me revient en tête le magnifique nouvel album d’Angélique Ionatos, dont je me suis promis d’écrire un article sur LesVeillesMusicales. Mais d’abord, et pour chasser tout doute, un yaourt à la grecque n’est pas un yaourt à la feta qui danse le sirtaki comme Zorba en costume d’evzone avec un pompon au bout de la chaussure. Non. Et pourtant, c’est bien en préparant ce qui devient aujourd’hui ma 132ème chronique que je me rendais compte combien la Grèce – aujourd’hui si décriée voire même reniée telle une épouse adultère par ses conjoints européens – constitue, si ce n’est l’oméga, au moins l’alpha de tout un pan de notre culture occidentale. En plus des Jeux Olympiques et de la poésie, tant de choses ne trouvent-elles pas leur source dans l’histoire et la civilisation hellénistiques ? Peut-on raisonnablement traiter ainsi un pays à la fois berceau de notre Antiquité et capable aujourd’hui encore de nous donner une telle leçon de démocratie (dêmos-kràtos) ?

En fait, à travers ces lignes enflammées c’est en substance le combat d’Angélique Ionatos que je rejoins. Ayant bien-sûr plus en commun avec la Callas qu’avec le Plexiglas (encore lui ?!) d’Uderzo ou le Rastapopoulos d’Hergé (encore lui ?!), la chanteuse grecque propose, avec « Reste La Lumière », un vibrant hommage à son pays, en forme d’ode sincère aux accents dramatiques. L’album rassemble des poèmes de ses compatriotes superbement mis en sons dans une musique, à l’image de sa pochette, aussi divinement sobre que sombre. C’est d’ailleurs d’un poème de Dimitri Mortayas que le disque tire son titre : « Et si l’arbre brûle, reste la cendre et la lumière ». Côté musique, le jeu de guitare ultra percussif de la native d’Athènes, les touches discrètes de violoncelle et de bandonéon dessinent les contours d’une musique méditerranéenne gorgée de soleil et d’esprit libertaire. Et même si je sais combien vous allez dire que je passe mon temps à bouffer, c’est promis, dès demain, après mon dernier yaourt à la grecque, je me mets au régime crétois.

La version audio de Perséphone


12 titres / 46 mn (Ici, d’Ailleurs) – Sortie le 23/10/2015

Angélique Ionatos : Voix, guitare – Katerina Fotinaki : Guitare – Gaspar Claus : Violoncelle – Claude Tchamitchian : Contrebasse – Cesar Stroscio : Bandonéon

En savoir plus : www.angelique-ionatos.com


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