Rodolphe Lauretta : Raw


GO, RAWDOLPHE, GO

Pochette de Raw par Rodolphe LaurettaEn 1973, Iggy Pop et ses Stooges enregistrent l’emblématique « Raw Power », marquant la fin d’une trilogie initiée quatre ans plus tôt. Quarante-quatre ans plus tard, Rodolphe Lauretta sort son premier « Raw ». Tout court lui, mais la power reste.

 

Et l’analogie ne s’arrête pas là. Car il y a dans la musique de ces deux-là une même urgence, une même spontanéité abrasive. Mais d’abord, est-ce que vous connaissez Rodolphe ? Non, celui qui a le nez rouge c’est Rudolph ! Mon Rodolphe à moi a grandi à Amiens, bastion du grand Label Bleu. Plus tard, il a usé ses semelles et ses anches sur les scènes des caf-conc’ parisiens au point qu’avec son saxophone alto en bandoulière, on lui prêterait volontiers plusieurs vies tant les projets et rencontres marquantes (Brice Wassy, Alain Jean-Marie, Wynton Marsalis, Archie Shepp) et projets se bousculent sur un CV déjà long pour sa jeune carrière : reggae (Ouroub), funk (P-Pôle, PFM), hip-hop (Mantras), musique antillaise (Caribop) ou mandingue (Ouagadou), rap (Toni Blackman, Akua Naru) et j’en passe. Une réelle gourmandise et une expérience colossale qui se ressentent dans la musique de son trio Raw.

Un trio qui a la particularité de ne compter aucun instrument harmonique (piano, guitare…). Une formule exigeante dont le jeune homme se sort admirablement grâce au soutien sans faille de ses partenaires, Damien Varaillon (déjà entendu notamment chez Logan Richardson, un autre altiste parisien de talent) et Arnaud Dolmen. Tous deux apportent leur musicalité et leur maîtrise technique à leur créatif leader, compositeur de la quasi-totalité des morceaux. Le son est ample, les cellules rythmiques foisonnent. Sur certains titres au swing imparable (le boppisant Shed Life, Buzy Bird (vous avez dit Bird?)), je ne peux m’empêcher de penser à Charlie Parker, pour le son flat et plein, ou Eric Dolphy, pour le jeu aventureux. La voix de Charlotte Wassy, celle du Parisien d’adoption Theorhetoric (sur un auto-remix acoustique vibrant) et la trompette du comparse Olivier Laisney ajoutent leur pierre à un édifice déjà solidement ancré en ouvrant de nouvelles portes sur des friches à explorer pour le saxophoniste curieux. Nous de notre côté, on s’installait tranquillement pour boire un verre (d’où le nez rouge, finalement) et écouter du Rodolphe Lauretta, après un bon Iggy Pop bien-sûr. Et dès les premières écoutes, on faisait de nouvelles découvertes qui en appelaient d’autres, et encore d’autres, dans un maelström sans fin. En fait, y’a pas à dire, on était bien chez Lauretta…

 

Le combo de Rodolphe Lauretta interprète Réminiscences sur TSF Jazz


11 titres / 52 mn (Onze Heures Onze) – Sortie le 30/09/2017

Rodolphe Lauretta : Saxophone alto – Damien Varaillon : Contrebasse – Arnaud Dolmen : Batterie – Charlotte Wassy & Theorhetoric : Voix – Olivier Laisney : Trompette

Enregistré par Manu Gallet

En savoir plus : www.facebook.com/rodolphe.lauretta


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