Airelle Besson : Radio One


LA CONFITURE D’AIRELLE

Pochette de Radio One par Airelle BessonNous voilà en plein mois de septembre. Et pour rompre un peu les traditions, plutôt que d’aller à la cueillette des mûres pour vous concocter une bonne confiote, j’ai décidé d’aller aujourd’hui à la cueillette d’Airelle pour écouter un disque qui dépote.

 

Airelle Besson, c’est un peu le couteau suisse de la scène jazz actuelle. Entendons par là qu’avec un simple ressort de stylo à bille, cette McGyver de la trompette vous pondrait un chef d’œuvre en moins de temps qu’il n’en faut pour le télécharger illégalement. En duo, en quintet, en septet, en X’tet, en big-band, j’en passe et des veilleurs, elle semble capable de s’adapter à toutes les formules et situations. Pourtant, à l’heure où Ibrahim Maalouf remplit des Zéniths, la parisienne reste aussi humble que son appétit de jouer n’est grand. Certes, nos lecteurs les plus fidèles la connaissent déjà en fait sans le savoir : le très récent projet collectif « Autour De Chet », les excellents albums « Zero Killed » de Hugh Coltman et « Twelve Secrets Of A Lady » de Sophie Darly ne sont que trois lignes sur un CV déjà bien rempli de leader ou side(wo)man mais aussi comme compositrice et arrangeuse. Pour son deuxième véritable disque sous son nom, après le duo qu’elle formait avec le guitariste brésilien Nelson Veras, c’est en quartet et en force qu’elle revient aujourd’hui.

Pour ce faire, la jeune musicienne convie ses copains Benjamin Moussay et Fabrice Moreau. Elle mettra un peu plus de temps à dégoter Isabel Sörling, la quatrième larronne, venue tout droit de Suède – mais établie à Paris, faut avouer que c’est plus pratique – pour monter cette fois un quartet atypique. En effet, l’absence d’une vraie (contre)basse et l’utilisation de la voix de la Suédoise (point de jazz vocal ici) donnent de la place à la respiration dans la musique, tout en accentuant son caractère aérien, presque scandinave. Mais en plus, le quartet alterne ici avec une réussite déconcertante les mélodies posées au charme serein avec des morceaux beaucoup plus énergiques où c’est bien la trompette et la voix qui prennent des allures d’instruments rythmiques, en jouant des motifs et cellules répétitifs inspirés. Dans un style bien identifiable et loin de toute démonstration, Airelle Besson fait partie des ténors (mais non, pas les saxophones, suivez un peu s’il vous plaît) de la trompette jazz en France aux côtés du précité Ibrahim Maalouf ou de Médéric Collignon. Ou aussi Nicolas folmer. Ou encore Stéphane Belmondo… Mais bon, on va pas en faire des tartines, de cette confiture-là.

 

L’EPK de « Radio One »


9 titres / 51 mn (Naïve) – Sortie le 13/05/2016

Airelle Besson : Trompette – Isabel Sörling : Voix – Benjamin Moussay : Claviers, piano, Fender Rhodes – Fabrice Moreau : Batterie

Produit par

En savoir plus : www.airellebesson.com


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