Nicola Cruz : Prender El Alma


LE PETIT NICOLA ET SES AMIS

Pochette de Prender El Alma de Nicola CruzAlors que la COP 21 s’est terminée sur un accord apparemment historique (une nouvelle rime en -ique), LesVeillesMusicales portent elles aussi leur regard sur le monde pour en dénicher les sons du XXIème siècle. Aujourd’hui donc, pleins feux sur une musique à tendance écologique.

 

Car c’est ainsi que je qualifierais volontiers la musique de Nicola Cruz. Comme son patronyme ne l’indique pas, ce dernier est pourtant né à Limoges, certes de parents équatoriens. Guère amateur de porcelaine, de vitraux ou de basket, le petit Nicola remonte très tôt le fil de ses origines pour s’installer au cœur de l’Amérique du sud de ses chers ancêtres. Il y apprend la musique, partagé entre traditions indigènes et productions modernes occidentales, devenant à la fois un percussionniste et un DJ producteur recherché dans les milieux spécialisés. Ce qu’illustre d’ailleurs à merveille sa collaboration en 2012 avec Nicolas Jaar, un autre Nicolas – américano-chilien celui-là – grand gourou de la musique downtempo. À ce stade, que le lecteur se rassure : si ces deux Nico produisent de l’électro à Quito, on peut s’appeler Nicolas et faire tout autre chose. Certains vendent du (bon) vin alors que d’autres jouent (bien) au handball ou font (mal) de la politique. Je sais Père Fouettard, j’aurais dû publier cette chronique le 6 décembre.

Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt nos lamas. L’univers de Nicola Cruz est passionnant. C’est un peu comme si Stéphane Pompougnac, Wax Tailor (vous savez, les copains d’ASM) et Bonobo (vous savez, le copain d’ASM) se retrouvaient tous pour une colo dans la Cordillère des Andes. On y entend clairement les deux sources d’inspiration du producteur équatorien. Les flûtes de toutes sortes, les charangos et autres percussions traditionnelles se mêlent aux sonorités électro avec bonheur. Les reverbs et delays côtoient amoureusement d’hypnotiques mélopées qu’on pourrait croire venues d’un autre âge. Les field recordings transportent l’auditeur en pleine nature et le plongent dans l’ambiance, le souffle du flûtiste à son oreille comme si l’instrument était tout juste à ses côtés. Mais le plus passionnant reste que ce mélange tradition/moderne est encore rare pour le moment dans la musique sud-américaine, contrairement à d’autres grandes traditions musicales qui ont depuis longtemps fait leur coming out électro. Moralité : Florent Pagny et sa Patagonie n’ont qu’à bien se tenir, sans vouloir le fâcher car comme dirait le capitaine Haddock, « quand lama fâché, lui toujours faire ainsi… ».

La vidéo officielle du single Colibria


10 titres / 45 mn (ZZK Records) – Sortie le 30/10/2015

Nicola Cruz : Tous instruments – Victor Murillo : Guitare, flûtes – Theodoro Monsalve : Charango, guitare, samples – Rodrigo Capello : Guitare – Nicolas Davila & Sebastian Rubiano : Basse – Huaira & Tanya Sanchez : Voix

Produit par Nicola Cruz

En savoir plus : www.zzkrecords.com/artist/nicola_cruz


One Comment on “Nicola Cruz : Prender El Alma

  1. J’adore !
    Et je trouve aussi la vidéo très jolie.
    Merci pour la belle rencontre !

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