Ludéal : Pluton


MAÎTRE DE L’UNIQUE VERS

Pochette de Pluton par LudéalFévrier 1930 : en poursuivant les recherches de Percival Lowell, l’astronome américain Clyde Tombaugh découvre la planète X après plus de vingt-cinq années de recherches. Février 2016 : Ludéal sort son quatrième album « Pluton » mais, quatre-vingt-six ans plus tard, le mystère opère-t-il toujours ?

 

En fait, Pluton a toujours été une mal-aimée. La plus lointaine, la plus petite et mystérieuse, elle sera même déclassée en 2006, suite à une redéfinition de la notion même de planète. Rebaptisée plus prosaïquement (134340) Pluton, elle deviendra ainsi une planète naine du système solaire externe. Et il est vrai que l’histoire mouvementée de cet astre extrême colle bien à la peau de Vincent Ludéal. Alors que je ne suis guère grand amateur de chanson française, ma relation avec lui demeure toute particulière, et ce fortuitement depuis ses débuts. Il faut bien dire que la trajectoire que cette étoile emprunte dans la galaxie de la chanson reste à part, sans calculs ni compromissions. Pour son quatrième effort, l’auteur va toujours puiser son vocabulaire dans l’irréel et le mot « rêve » revient à plusieurs reprises au long d’un album intensément poétique. Car de la poésie, le jeune homme en a à revendre des caisses entières. Mais pas que.

Usant et s’amusant de la filiation qu’on lui prête volontiers avec Monsieur Bashung, Ludéal s’offre ici la luxueuse collaboration de Jean Lamoot, qui fut réalisateur en son temps de la géniale « Fantaise Militaire » de Bashung. Nous étions en 1998, l’année du fameux un, deux, trois héros !, mais la trinité qui m’intéresse ici (Bashung le père, Ludéal le fils et Gainsbourg le Saint-Esprit) cultive ce même esprit des mots, capable de parler d’amour voire d’érotisme sans en avoir l’air, distillant comme une poésie du quotidien, électron libre en dehors des phénomènes de bandes et de modes – qu’ils initient d’ailleurs parfois. Mais alors que Bashung avait son auteur Jean Fauque ou Daran son Pierre-Yves Lebert, ce qui est remarquable ici, c’est la maîtrise avec laquelle le Drancéen brille dans toutes les disciplines : il écrit, compose, chante, joue de la guitare… Espérons qu’il ne faudra pas attendre vingt-cinq ans cette fois avant que la planète Ludéal ne soit totalement visible à l’oreille nue et que – telle une comète – elle ne frôle notre Terre…-à-terre, y déposant un peu comme un voile lacté. Car à planète naine, album majeur.

 

La version officielle du single Aussi Torride, en scopitone s’il vous plaît !


10 titres / 37 mn (Telquel) – Sortie le 12/02/2016

Vincent Ludéal : Voix, guitare acoustiques – Pascal Danaé : Guitares – Baptiste Brondy : Batterie

Réalisé par Jean Lamoot & Ludéal

En savoir plus : www.ludealmusic.tumblr.com


4 Comments on “Ludéal : Pluton

  1. Fils de Bashung ? Peut-être, mais je ne peut m’enpécher de trouver une énergie un peu semblable aux albums de Maxime le forestier période « les rendez-vous manqués » « No 5 » « Dans ces histoires et les jours meilleurs ». Bien entendu, Ludéal est unique, mais la musique est une grande toile cosmique ou chaque fil envoie des échos aux créateurs de belles mélodies ! Je souhaite à ce merveilleux une très très longue carrière afin qu’il puisse longtemps nous régaler de ces inspirations ! Philos Z

    • Je ne connais pas assez la discographie de Maxime Le Forestier, mais vous me donnez l’envie de fouiller un peu, pour voir, par curiosité…
      Et pas mal, la toile cosmique pour un album intitulé « Pluton ». Vous êtes prêt pour écrire une chronique sur LVM, je vois ;-).
      En tous cas, merci pour votre avis, Philos, et à bientôt peut-être !

  2. Un artiste exceptionnel injustement méconnu du grand public. Ludéal est un grand Artiste !

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