Pixvae : Pixvae


PRODUIRE FRANÇAIS

Pochette de Pixvae par PixvaePour fêter la nouvelle année (et mon beau nouveau chargeur de tablette) quoi de mieux que de changer d’hémisphère et de température. Quittons donc mes froides montagnes russes pour découvrir la chaude Colombie d’aujourd’hui !

 

Bon après, faut pas trop s’emballer. L’avion ça coûte cher et même si l’aéroport international El Dorado de Bogota semble être parmi les meilleurs au monde, le froid en daim andin et le désert de Guajira me font hésiter. Courageux mais pas téméraire, je me dis qu’on pourrait peut-être commencer notre périple par la ville de Lyon. A la question « quel rapport entre Lyon et la Bolivie ? », je répondrai laconiquement Pixvae. Car il y avait la soul très jamesbrownsienne de Marvellous et l’afoxé de Camarao Orkestra qui fleure bon les plages de Copacabana, hier à peine le tango du Jerez Le Cam Quartet et aujourd’hui donc le latin-core de Pixvae. Sauf que tous ces groupes sont bien français, ce qui ravirait sûrement Arnaud Montebourg. De quoi être définitivement convaincu que l’on peut faire le tour du monde en musique tout en restant au chaud, calé dans son confortable fauteuil Ikéa. Pixvae c’est le nom d’un palmier-pêche hybride aux racines noueuses, si si. Mais Pixvae ce sont surtout cinq musiciens, issus de l’actif collectif Grolekftif, basés donc au cœur de la capitale des Gaules, et emmenés par le percussionniste Jaime Salazar, anthropologue et spécialiste de la musique sud-américaine.

Celle, généreuse, que le combo propose serait à classer dans une catégorie électro-jazz-core, ou encore jazz-punk. Si la manie de vouloir tout ranger dans des petites cases a ses limites – et surtout le don de m’énerver –, le terme jazz-punk a cependant cela de bon qu’il est explicite. En l’occurrence, la juxtaposition des mots jazz et punk (que l’on retrouve plus volontiers dans le monde du rock) reflète bien la rencontre de deux mondes a priori éloignés dans l’univers de Pixvae. Les percussions traditionnelles de Salazar et les voix complices des chanteuses Alejandra Charry et Margaux Delatour s’acoquinent à merveille avec la guitare saturée (le punk), les claviers (l’électro) et même le saxophone baryton (le jazz, vous voyez, c’est très simple en fait, les cases…) pour donner naissance à un genre original et extrêmement pêchu. Au milieu des grosses métriques couillues et un brin complexes imposées par la section rythmique, on a souvent l’impression d’entendre une mélodie brute scandée par les habitants d’un tout petit village des hauts plateaux en daim andins. Ma tablette réparée, et dès que mon téléphone le sera lui aussi (c’est que 2017 démarre très fort), c’est décidé, j’achète un nouveau canapé, et je pars à la conquête du monde !

 

L’enregistrement de El Curruco, quatrième titre de l’album


8 titres / 44 mn (Buda Musique) – Sortie le 04/11/2016

Alejandra Charry & Margaux Delatour : Voix, guasa – Damien Cluzel : Guitare électrique – Romain Dugelay : Saxophone Baryton, claviers – Léo Dumont : Batterie – Jaime Salazar : Voix, percussions (cununos, bombo arrullador, maracas)

Produit par Julien Jussey & Pixvae

En savoir plus : www.pixvae.bandcamp.com


4 Comments on “Pixvae : Pixvae

  1. J’adoooore ! Quelle pêche ! Et quel plaisir de jouer ensemble. Je me suis dandinée tout le long de l’album.

    • C’est l’effet que ça m’a fait dès les premières notes que j’ai entendues la première fois. Mais bon, je me souviens bien, j’étais en voiture… 😉

  2. C’est osé comme mélange! Il y a de l’idée. Dommage, les morceaux sont parfois un peu trop longs à mon goût. Mais c’est dépaysant et frais! ;o)

    • Merci pour votre avis, Kitkathy ! Un avis que je peux tout à fait comprendre.
      Trouvez-vous que les morceaux trainent parfois en longueur ou les trouvez-vous, dans l’absolu, tout simplement longs ?
      Et dans ce cas, je vous réserve mieux (ou pire) encore dans ma prochaine chronique…

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