Natalie Merchant : Paradise Is There


UN AUTRE PARADIS BLANC

Pochette de Paradise Is There par Natalie MerchantLes fêtes de fin d’année sont là, avec les réveillons, le sapin, les moments de bonheur simple en famille. Dans son nouvel album « Paradise Is There », c’est un peu à tout cela que nous convie Natalie Merchant. Comme un petit cadeau de Noël juste à temps.

 

C’est en 1995, tout juste après avoir quitté le groupe, que l’ex-chanteuse des 10 000 Maniacs publiait « Tigerlily », son premier disque solo. À bien des égards, l’album se révélait être un chef-d’œuvre et il tient une place de choix dans le cœur de ses nombreux fans. Tout juste vingt ans et toutes ses dents (ou presque) après, la chanteuse nous propose une relecture de sa propre œuvre. Alors bien entendu, ici nous ne sommes pas à la pointe de l’expérimentation, rien de bien nouveau sous le soleil… d’hiver. Toutes les chansons présentes ici existaient déjà ensemble depuis deux décennies, elles formaient déjà un tout qui avait fait ses preuves. Alors pourquoi ce disque, me direz-vous ? Eh bien pour moi, « Paradise Is There » c’est un album de reprises qui n’en est pas un. Le propos est ailleurs. Ce qui est formidable avec ce disque, c’est d’avoir à entendre l’évolution d’un son, d’un univers. Rien ne change et pourtant tout a changé.

En dehors de la structure des chansons ici quasi intacte, le « Tigerlily » cru 2015 est bien un disque de 2015. La production bien sûr, les instruments (aujourd’hui quatuor à cordes, guitares acoustiques et piano), les tempos et rythmiques, tout a évolué en vingt ans sur ces chansons comme dans la musique en général. N’oublions pas la voix de Natalie Merchant, elle-même plus mature et assurée, qui me fait penser à plusieurs reprises à ses compatriotes Tracy Chapman ou Sharleen Spiteri. Le résultat est une musique à la fois passionnée et assagie, simple et authentique, à l’image de son interprète. Les cordes donnent cet esprit très MTV Unplugged, un exercice auquel les 10 000 Maniacs s’étaient d’ailleurs pliés peu de temps avant le départ de leur chanteuse. Faut-il y voir une boucle bouclée ? Cette musique illustre en tous cas merveilleusement une discussion récente avec Bertrand D et mon cher Papa (qui ferait un excellent chroniqueur sur LVM, croyez-moi) : le rock doit-il toujours se réinventer ou bien est-ce l’époque qui réinvente le rock ? Prenez vos stylos, vous avez une heure. Pendant ce temps, moi je vais finir de déballer mes cadeaux…

Le trailer de l’album « Paradise Is There »


11 titres / 56 mn (Nonesuch) – Sortie le 06/11/2015

Natalie Merchant : Voix – Gabriel Gordon : Guitares – Uri Sharlin : Piano, accordéon – Jesse Murphy : Basse – Allison Miller : Batterie – Scot Moore & Shawn Moore : Violon – Marandi Hostetter : Alto – Stanley Moore : Violoncelle – Sharel Cassity : Saxophone – Simi Stone, Gail Ann Dorsey & Elizabeth Mitchell : Chœurs

Produit par Natalie Merchant

En savoir plus : www.nataliemerchant.com


One Comment on “Natalie Merchant : Paradise Is There

  1. Et qu’est-ce qui fait l’art ? L’œuvre elle-même ou l’oreille de celui qui l’écoute ?
    Question compliquée ! Je préfère envoyer mes cartes de vœux … 🙂

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