Dennis Wilson : Pacific Ocean Blue


TOTALE IMMERSION

Pochette de Pacific Ocean Blue par Dennis WilsonDans ma vie d’auditeur, il m’est rarement arrivé de tomber raide dingue d’un album et d’un artiste ou groupe au bout de quelques secondes d’audition. Ce fut le cas de The Doors (« Light My Fire »), Genesis (« Foxtrot »), The White Stripes (« White Blood Cells ») et tout récemment, depuis plusieurs mois déjà : Dennis Wilson.

 

L’album n’est pas en soit une trouvaille sorti des limbes, mais il squatte quasiment ma chaine Hi-Fi et rien ne semble pouvoir l’en déloger. Un album qui célèbre ses quarante années en 2017 et qui fut le seul album solo sorti du vivant de Dennis Wilson. Avec sa barbe et son air renfrogné, on a peine à imaginer qu’il puisse s’agir du beau gosse des Beach Boys, cadet de la fratrie Wilson (entre Brian et Carl), batteur limité (souvent remplacé par des requins de studio comme le légendaire Hal Blaine) mais qui était paradoxalement le seul sportif de la bande: il pratiquait… le surf ! Ce fut aussi le premier du groupe a sortir un album sous son nom. A mes oreilles, cet album n’a pas pris une ride, contrairement au premier effort (dix ans plus tard) de son illustre grand frère que la production 80’s handicape un tantinet (c’est un pléonasme). Il reste toujours d’actualité, distillant son spleen sous des nappes pop merveilleuses.

Dennis Wilson ne cherche pas à nous refaire le coup des célèbres mièvreries et sautillantes œuvres des Beach Boys type Fun, Fun, Fun, malgré un choix de titre estival et ensoleillé. D’ailleurs la chanson-titre prend un « s », blue devenant blues. L’ambiance reste dans l’univers sonore propre au groupe (les harmonies vocales, la production riche) mais les mélodies sont déchirantes, pleines de douleurs, voire dramatiques (Friday Night). Des perles, comme Time – avec d’abord son piano, son chant d’amour désespéré puis son solo de trompette, et enfin une coda cuivrée avec solo de guitare – méritent d’être entendues encore et encore. La musique peut être une drogue dure et je suis tombé accros de cette œuvre. J’étais dans un état de manque en sachant que Dennis s’était noyé en 1983. Et soudain, j’appris qu’un disque jumeau (plus rock tout de même) tout aussi réussi mais inachevé, « Bambu », était sorti pour la première fois en 2008. Lors du dernier Disquaire Day, cette seconde et ultime œuvre de l’artiste bénéficia d’une édition en double vinyle colorisé vert lagune. Elle fait mon bonheur, en doublant ma dose de bonheur.

 

L’audio de Time


12 titres / 38 mn (Caribou Records) – Sortie le 22/08/1977

Dennis Wilson : Voix, piano, orgue Hammond, cordes, basse Moog, synthétiseur Mini-Moog, clavinet, claviers, batterie, basse, harmonica, percussions, tuba, violon électrique, guitare électrique – plus une trentaine d’artistes dont Carl Wilson, Bruce Johnston, Hal Blaine, James Jamerson, Billy Hinsche, Robert Lamm, Manolo Badrena…

Produit par Gregg Jakobson

En savoir plus : www.telerama.fr


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