Mexrrissey : No Manchester


LES CHANTEURS DE MEXICO

Pochette de No Manchester par MexrrisseyMexico, Mexiiiiiico… Souvenez-vous : Luis Mariano chantait déjà la ville en 1951 dans l’opérette de Francis Lopez avec son célèbre contre-ut final grâce auquel il accédait à la postérité. Oui mais voilà, en 1951 ma chère maman portait encore des couches culottes. Alors moi, imaginez un peu…

 

Qu’à cela ne tienne, 2016 aura droit aussi à ses parfums de fajitas et de cactus, version mariachi, grâce à l’album du bien-nommé collectif Mexrrissey. Même si Mariano n’est plus là, la joyeuse bande regroupe quelques-uns des ténors de la scène pop mexicaine et se donne pour objectif d’agrémenter à la sauce chili toute la musique de Monsieur Steven Patrick Morrissey, alias Morrissey, alias Moz. A priori, le mélange des saveurs peut paraître étonnant, et pourtant le résultat m’est apparu grisant. Apparemment, la ferveur du peuple mexicain pour la discographie de l’ex-leader des Smiths ne date pas d’hier. Une ferveur mystérieuse, que les intéressés eux-mêmes semblent avoir bien du mal à expliquer d’une façon à peu près rationnelle. Peu importe. Au-delà de la redécouverte d’un répertoire en or, l’intérêt du projet de Camilo Lara réside en partie en ce qu’elle illustre à merveille l’importance de l’arrangement et de la réalisation artistique d’un tel album concept (on redécouvre ainsi les chansons de Morrissey avec un regard vraiment neuf) et ce rêve que la musique rend possible : si le travail des parisiens de Camarao Orkestra sur la samba funk brésilienne était bluffant, pourquoi nos chers Mexicains n’auraient-ils pas le droit de proposer à leur tour une version personnelle de cette International Playgirl qui tombe à pic ?

La présence, sur la deuxième moitié du disque, de versions live permet d’entendre de façon assez frappante tout le travail de production de Lara et l’intelligence des arrangements de Sergio Mendoza, membre par ailleurs du célèbre combo voisin Calexico. (Presque) jamais kitsch, l’ensemble parvient à éviter joliment le pastiche et les pièges d’une telle entreprise. En sonnant réellement pop et en réservant les trompettes, guitarron et autres sonorités typiques pour les contrechants et les ambiances, le groupe re-crée ici véritablement un univers légitime aux horizons exotiques. Suedehead devient ainsi Estuvo Bien, Everyday Is Like Sunday est rebaptisée Cada Dia Es Domingo et First Of The Gang To Die se change en El Primero Del Gang, se chargeant au passage de nouvelles couleurs dans un pays où les cartels font presque partie du folklore. Alors, le mariage du Mexique avec Morissey, pour le meilleur ou pour le pire ? Rendez-vous à la mairie, pardon à l’Alcaldia. Olé !

 

La vidéo officielle du single International Playgirl


12 titres / 47 mn (Cooking Vinyl) – Sortie le 04/03/2016

Chetes & Adan Jodorowsky : Voix, guitares – Liber Teran : Guitares – Camilo Lara : Sampling, électronique – Ceci Bastida : Voix, claviers – Jay De La Cueva : Voix, basse – Ricardo Najera : Batterie – Alex Gonzales : Trompette – Sergio Mendoza : Trompette, vibraphone – Jacob Valenzuela : Accordéon – Alejandro Flores : Violon

Produit par Camilo Lara

En savoir plus : www.mexrrissey.com/home


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