Vincent Peirani : Night Walker


LE PRO DE L’ACCORD DÉMON

Pochette de Night Walker par Vincent PeiraniMes bonnes résolutions pour 2019 semblaient inconciliables : écouter plus de jazz, plus d’accordéon et plus de Led Zeppelin. Mais si l’équation pouvait paraître délicate à résoudre, c’était sans compter sur le soutien gourmand de Vincent Peirani.

 

Et pourtant, Dieu sait si en ces temps d’après-fêtes de fin d’année, la gourmandise n’est pas le pêché capital dans lequel j’excelle le plus, lui préférant de loin la paresse. Après avoir ingurgité tous ces toasts, bûches et autres bulles, il était de bon ton de prendre un peu de repos au son de l’accordéon. Que l’on se rassure ici, exit Aimable et son sourire Ultra Brite © : alors qu’Ilse G avait partagé il y a peu son coup de cœur sur le dernier album de Marc Berthoumieux, je me penche à mon tour sur le deuxième opus du projet « Living Being » de Vincent Peirani, intitulé « Night Walker ». Dans ma toute première chronique jazz sur LesVeillesMusicales, j’avais déjà dit combien je considérais que le jazz est une musique nocturne. Pile six ans plus tard, je n’ai absolument pas retourné ma veste, tout ému que je suis de voir que le grand accordéoniste partage mon humble avis. Un proverbe russe de 1884 dit d’ailleurs : « où va la nuit, le rêve y va ». J’ai toujours dit que les Russes n’étaient pas juste bons à envoyer des chiens dans l’espace.

Le Niçois d’origine crée, avec ce qu’il aime appeler lui-même un orchestre de chambre rock, en effet la passerelle idéale entre jazz, rock et musique de chambre. A l’instar de celle de son compère Samuel Strouk, la musique de l’accordéoniste reflète la curiosité musicale de celui qui est de tous les coups fumants. A la tête d’un groupe extrêmement équilibré, il n’hésite pas à aller une nouvelle fois toucher à tout, de Sonny & Cher à Led Zep’, en passant par Henry Purcell, faisant vrombir la basse, cristalliser le Rhodes, cogner la batterie et y incorporant même ça et là un peu d’électronique bien aérienne. Au saxophone soprano, on retrouve un autre compère, l’incontournable Émile Parisien, dont j’avais déjà dit tout le mal que je pensais lorsqu’il posait son phrasé reconnaissable sur le premier album du groupe Awake. Deux ans plus tard, je n’ai toujours pas retourné ma veste, même si j’en ai enfin changée depuis. Le son du tandem de « pépés » (pour Peirani/Parisien) fait des merveilles dans cette entreprise joyeusement libertaire et décloisonnante. On en croirait presque que Kashmir et Stairway To Heaven ont été écrits par et pour le quintet du VIP (pour Very Important Peirani) tant tout coule de source. Si tout 2019 est comme ça, ça promet…

 

Le teaser de l’album


12 titres / 53 mn (ACT) – Sortie le 31/08/2018

Vincent Peirani : Accordéon, accordina – Émile Parisien : Saxophone soprano – Tony Paeleman : Rhodes, claviers – Julien Herné : Basse, guitare électrique – Yoan Serra : Batterie – Valentin Liechti : Électronique

Produit par Vincent Peirani

En savoir plus : www.vincent-peirani.com


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