Octave Noire : Néon


QUE LA LUMIÈRE CHOIE !

Pochette de Néon par Octave Noire2017, année de tous les risques. Alors que mon calendrier de chroniques est d’habitude bien préétabli, je décidais seulement avant-hier soir de partager ce premier disque d’Octave Noire, intitulé « Néon ». Un disque forcément lumineux.

 

Il a d’abord fallu m’immerger dans l’univers d’un jeune artiste dont on sait encore peu de choses. Je me raccrochais donc à ce que j’avais : un nom, un album au titre évocateur et un label que je connais pour sa curiosité, son éclectisme et son perfectionnisme (pour les habitués d’LVM, déjà la maison des Bikini Machine, Fool’s Gold et autres Zenzile notamment). Octave Noire ? Un nom de scène qui mêle l’auditif et le visuel. Un intervalle musical et une couleur (que l’on retrouve d’ailleurs sur les touches du piano, l’instrument de prédilection de notre mystérieux inconnu). Loin de moi ici l’idée de m’aventurer dans des théories échafaudées déjà il y a à peine un mois (toujours pour les habitués : ma chronique N°172), au sujet de la musique et des couleurs. Néon ? Cette lumière blafarde qui éclaire des lieux aussi quotidiens que parfois sordides ? Enfin, je découvrais qu’Octave Noire cite comme probables influences Kraftwerk, Jean-Michel-Jarre ou Higelin, et je comprenais alors de suite que l’homme aime cultiver les ambivalences, pratiquant le grand écart dans tout ce qu’il fait. Voilà pour son disque, sur le papier en tout cas.

Dans la pop française, genre surreprésenté et souvent un peu facile, Patrick Moriceau (c’est en fait son vrai petit nom) parvient à amener une sacrée dose de lyrisme. A une voie grave et diaphane qui n’est pas sans rappeler les grands Etienne Daho ou Jean-Louis Murat, Octave Noire allie des orchestrations d’une force rare. Les amoureux de Woodkid vont peut-être devoir faire ménage à trois désormais. Sauf que cette fois les textes sont écrits dans la langue de Molière, et ça peut changer beaucoup de choses pour certains, pour le meilleur ou pour le pire. Toujours est-il que l’auteur-compositeur-interprète orchestre ici une pop avec tambours et trompettes mais sans jamais perdre de vue les mélodies accrocheuses et la poésie dans le texte, le tout sur une musique technoïde, ténébreuse et tellurique. De quoi finir en beaux « t » ma chronique N°176,4 (des bouts de-ci de-là). Comme d’habitude, une chronique à dormir debout. Mais attention, car quand on dort debout, dans le noir ou dans le bleu, on prend le risque de se casser la figure, même avec une bougie dans la main. Et la lumière chut…

 

La vidéo officielle du single Un Nouveau Monde


9 titres / 40 mn (Yotanka) – Sortie le 20/01/2017

Patrick Moriceau : Voix, tous instruments – Franck Richard : Batterie

Réalisé par Sébastien Lohro & Patrick Moriceau

En savoir plus : www.yotanka.net/fr/artists/octave-noire


2 Comments on “Octave Noire : Néon

    • J’avoue…
      Quand tu dis drôle, tu parles de l’oeuf-blockhaus dans lequel ils jouent ou des couvertures de survie en pleine forêt boréale ?
      En même temps, je pense que ça correspond assez bien au personnage.
      Merci pour ton avis, Ilse ! 😉

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