Damien Rice : My Favourite Faded Fantasy


DÉCIDÉMENT, ON NE « RIZ » PLUS

Pochette de My Favourite Faded Fantasy par Damien RiceÀ tous ceux qui trouvaient que ma précédente chronique ne respirait pas la joie de vivre, je n’aurai qu’une seule chose à dire (en l’occurrence deux) : vous n’imaginez pas quel joyeux drille je suis, mais surtout sachez que j’ai peut-être trouvé pire (ou mieux) aujourd’hui.

Grâce au dernier album de Damien Rice, pour lequel j’ai d’ailleurs un respect sans borne. Après deux albums unanimement salués, ce gars-là, se disant vide de toute inspiration et envie musicale, a quand-même eu le culot de résister aux sirènes de la renommée en mettant sa carrière musicale entre parenthèses, là où bien d’autres se seraient malgré tout dépêchés de publier un nouveau disque pour surfer (encore Ben Howard ?) sur la vague du succès. Quel plaisir donc de voir réapparaitre sur les écrans radars un artiste de cette classe et de cette sincérité. Alors bien-sûr on va pas se mentir, ce n’est une nouvelle fois pas la musique qu’il faut pour faire la fête – le poète guitariste n’ayant pas grand-chose en commun avec Annie Cordy -, et il ne faudra pas trop se fier à la pochette diaphane aux abords légèrement plus engageants que le noir portrait qui ornait le deuxième album de Ben Howard.

Damien Rice fait ici du Damien Rice, et les années semblent n’avoir finalement que peu d’emprise sur lui. Mêmes questions existentielles, même façon bien à lui de souffler ses mots à mon oreille et même jeu de guitare, au doigt, capable d’écarts d’intensité ravageurs. Plus de trente musiciens apparaissent sur un disque – enregistré entre la Californie (le grand Rick Rubin a coproduit l’album) et l’Islande -, sur lequel guitare électrique et cuivres soulignent à merveille les violons et violoncelles, plus habituels chez l’irlandais. Voilà surtout un album qui aborde pour moi un sujet passionnant : d’où vient la part de subjectivité dans notre appréciation d’une œuvre artistique, quelle qu’elle soit ? Je me souviens parfaitement de cette jeune femme qui m’avouait il y a longtemps aimer Damien Rice. Aujourd’hui, je prends d’autant plus plaisir à écouter ses chansons, et cette jeune femme est ma femme.

La vidéo officielle du single I Don’t Want To Change You


8 titres / 50 mn (Damien Rice Music) – Sortie le 03/11/2014

Damien Rice : Voix, guitares, piano, claviers, percussions – Joel Shearer : Guitares, claviers, basse, percussions – Zac Rae : Claviers – David Rawlings : Guitares, choeurs – Shahzad Ismaily : Basse, batterie, percussions – Cora Venus Lunny : Violon, choeurs – Helgi Jonsson : Tombone, choeurs – …

Produit par Rick Rubin & Damien Rice

En savoir plus : www.damienrice.com


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