Ghalia Benali & Mâäk : MwSoul


BELGIQUE – TUNISIE : 1-1

Pochette de MwSoul par Ghalia BenaliNon, la Belgique n’est pas qu’un grand pays rempli de bière, de frites et de football. Et fort heureusement, l’inspiration créatrice chez nos diables de voisins n’est pas le monopole des footballeurs Lukaku, De Bruyne et autre Eden Hazard.

 

Même si en fait, le hasard (sans « z » cette fois) n’est pas totalement étranger à ma rencontre avec Ghalia Benali, que je tiens à vous présenter aujourd’hui. Alors, nous disions Belgique ? Eh bien, artiste aux multiples facettes, la native de Bruxelles a grandi en Tunisie et aujourd’hui elle chante, danse, écrit, joue la comédie (chez Tony Gatlif notamment) et sortait au début de l’année en France un nouvel album remarquable. Né au moment des révoltes populaires du printemps arabe, ce nouveau projet de la chanteuse nous parle de connexion spirituelle et représente toutes ces soirées passées alors sur les réseaux sociaux à discuter à distance, à vouloir ressentir ce que vivait le monde arabe, son monde arabe, un monde en tout cas en pleine mutation. Mettant en musique des poèmes, tantôt classiques tantôt de jeunes auteurs arabes – voire d’elle-même –, Ghalia Benali a fait ensuite appel au collectif jazz Mâäk mené trompette-battante par Laurent Blondiau pour arranger à la sauce épicée ses compositions. Et voilà donc un disque qui vient une nouvelle fois sur LVM souligner le rapport naturel que le jazz – décidément langage de rencontre et de métissage – entretient avec la musique arabe, comme l’avaient déjà suggéré les efforts d’Ibrahim Maalouf (« Kalthoum ») ou de Dhafer Youssef (« Diwan Of Beauty And Odd »), pour ne citer qu’eux.

Ce qui m’impressionne, à l’écoute de ces trois quarts d’heure de musique aux accents spirituels teintés de soufisme, c’est la place donnée à la voix, aux instruments à vent et plus généralement à la respiration, à travers des arrangements qui ne pouvaient qu’être enregistrés live. Les lignes de basse confiées au tuba et l’oud discret du complice Moufadhel Adhoum, seul instrument harmonique présent soutiennent un dialogue quasi permanent entre les cuivres marqués et la voix chaleureuse de Ghalia Benali chantant presque exclusivement en arabe. Une ambiance particulière règne donc sur ce disque et il n’est pas sans me rappeler mes premiers émois avec les univers de Rabih Abou-Khalil et Anouar Brahem dans une moindre mesure, il y a longtemps. Aujourd’hui, la touche de féminité apportée dans un jazz acoustique transgenre et curieux de tout, aux effluves orientales gourmandes donne forcément envie de réserver nos places sur le prochain départ en tapis volant pour un ailleurs lointain quel qu’il soit, en tout cas plus lointain déjà que le plat pays (une fois).

 

Une petite présentation de l’album


11 titres / 46 mn (W.E.R.F. Records) – Sortie le 26/01/2018

Ghalia Benali : Voix, compositions – Laurent Blondiau : Trompette – Guillaume Orti & Jeroen Van Herzeele : Saxophones – Moufadhel Adhoum : Oud – Michel Massot : Tuba, trombone – Joao Lobo : Batterie

Enregistré par Aline Blondiau

En savoir plus : www.crepusculeprod.com/index.php/Fr/blog/item/mwsoul


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