Daniel Zimmermann : Montagnes Russes


CHRONIQUE A LA RUSSE

Pochette de Montagnes Russes par Daniel ZimmermannEmboîtant le pas de Bertrand D dans sa dernière chronique, j’ai décidé aujourd’hui d’explorer moi aussi – et à ma façon – le froid pays d’Elisaveta Blumina, la Russie. Emportez donc vos chapkas, Baba Yaga et autres matriochkas pour un voyage dans les hauteurs d’Asie centrale et d’ailleurs… Na zdorovié !

 

Et je n’ai pas attendu que mon fils de quatre ans découvre la Russie avec sa maîtresse (d’école bien sûr) pour savoir que ce grand et froid pays a toujours eu une influence forte sur notre imaginaire. Cigarettes russes, lait russe, roulette russe… euh… Arlette G-russ (non, pas celui-là, vraiment ?), et bien sûr ce qui nous intéresse aujourd’hui : montagnes russes. Certes, en cette période de fêtes, parler manèges est presque une évidence et j’avais d’ailleurs déjà évoqué il y a tout juste trois ans le plaisir que représente la « Grande roue royale » lilloise, synonyme de féérie pour tant de gens du nord. En outre, si l’on regarde la montagne russe en question sur la pochette, on peut remarquer quelques similitudes avec les terrils de ch’nord. C’est qu’Amiens, bastion de Label Bleu où le disque a été enregistré, n’est pas très loin.

Au milieu de tout ceci, vous me direz : « et la musique ? ». Eh bien en fait, elle est à l’image de ce premier paragraphe : terriblement curieuse, joueuse et un peu folle. Daniel Zimmermann – puisque c’est bien de lui qu’il s’agit – n’a pas grand-chose à voir avec la Russie. En revanche, les montées et descentes s’enchaînent bien à un rythme effréné, dans un mélange gourmand d’inspirations et d’aspirations. Au premier plan d’abord, le trombone de Zimmermann offre un son superbe, capable de jouer dans tous les registres, cuivrés à l’extrême ou chaud et quasi humain, avec ou sans sourdine(s). Mais les compositions du leader sont aussi merveilleusement servies par un casting digne des plus grands manèges à sensations. La luxueuse section rythmique de Jérôme Regard et Julien Charlet, l’absence de piano et le jeu-même du guitariste Pierre Durand – mi sideman mi frontman – amènent une vision profondément aérée et une utilisation du silence rare. A travers onze morceaux qui savent prendre leur temps (la plupart durent plus de six minutes), la musique du tromboniste qu’on a pu entendre aux côtés du Sacre du Tympan, de Ping Machine ou de Jun Miyake (et la liste est longue) permet au soufflant d’exposer tout la mesure de son talent dans des solos de haute volée. Tout ce qu’il faut donc pour s’éclater à la foire, entre Speed Flip, Break Dance Extreme et X-Flight (sic) ! Vous reprendrez bien une Barbapapa ?

 

L’audio de Mr. Squale, extrait de « Montagnes Russes »


11 titres / 64 mn (Label Bleu) – Sortie le 21/10/2016

Daniel Zimmermann : Trombone – Pierre Durand : Guitare, dobro – Jérôme Regard : Contrebasse, basse – Julien Charlet : Batterie – Didier Havet : Soubassophone

Enregistré par Bertrand Fresel

En savoir plus : www.danielzimmermanntrombone.com


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