Nicolas Horvath : GlassWorlds 3 – Metamorphosis


PHILIP AVANT PHILIP

Pochette de Glassworlds 3 - Metamorphosis par Philip GlassSi les poules avaient des dents. Si Ponce Pilate ne s’était pas lavé les mains. Si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique. Si la gauche était au pouvoir. Si Elvis était mort…

 

Autant de potentialités qui tournent dans nos têtes quand nous n’avons rien d’autre à faire. L’uchronie a son charme et elle a produit quelques pièces maîtresses : relisez Le Maître Du Haut Château de Philip K. Dick. Les forces de l’Axe ont gagné la deuxième guerre mondiale et une partie des États-Unis est occupée par les Japonais. Un univers dans lequel un écrivain de science-fiction a écrit un roman où l’Allemagne nazie a perdu la guerre… Tout ceci semble n’avoir aucun rapport avec la sortie récente du troisième volume que le pianiste Nicolas Horvath consacre aux pièces pour piano de Philip Glass. D’abord les cinq Metamorphosis et puis, entre autres et dans le désordre, The Olympian (composé pour la cérémonie d’ouverture des 23èmes Jeux Olympiques d’été), la Trilogy Sonata en trois mouvements (des transcriptions réalisées par Paul Barnes à partir des opéras Einstein On The Beach, Satyagraha et Akhnaten) et la Coda issue de The Late, Great Johnny Ace (conçue comme une conclusion à la chanson de Paul Simon sur les morts du chanteur de rythm and blues Jonny Ace, de John Fitzgerald Kennedy et de John Lennon).

Les fans de Philip Glass y retrouveront ici tous les tics de langage du musicien américain : répétitions, arpèges et polyrythmies. Le plus : Nicolas Horvath traite tout ça comme de la musique de répertoire, avec un jeu quasi-romantique, là où ses premiers interprètes optaient pour une vision plus détachée et métronomique. Mais la gestion du temps, ce pianiste sait ce que ça veut dire : en 2012, il était à l’origine de la version de concert la plus longue à ce jour des Vexations d’Erik Satie, une petite pièce pour piano à répéter 840 fois. Avec Nicolas Horvath, cela dure 35 heures, tout seul au clavier. Avant Martine Aubry, aurait-il fait encore plus long ? Mais ce qui nous rapproche de notre introduction, c’est la pièce finale du disque : du Philip Glass d’avant Philip Glass, une sonatine pour piano de 1959, écrite sous l’influence de son professeur de l’époque, Darius Milhaud. C’était bien difficile à l’époque de prévoir ce qui suivrait. Si Philip Glass avait poursuivi dans cette voie, l’histoire de la musique américaine ne serait pas tout à fait la même. Si LesVeillesMusicales n’existaient pas, vous ne le sauriez peut-être pas. Si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique, Kennedy serait peut-être encore vivant.

 

Une Métamorphose


17 titres / 77 mn (Grand Piano) – sortie le 19/01/2016

Nicolas Horvath : Piano

En savoir plus : www.philipglass.com ou www.nicolashorvath.com

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