Gogo Penguin : Man Made Object


WHERE IS BOBBY ?

Pochette de Man Made Object par Gogo PenguinAlors qu’avec Ilse G je suis en train de mettre sur pied une prochaine virée londonienne, il me prend l’envie tout à coup de pousser un peu plus au nord. Liverpool et ses groupes de rock ? Que nenni, ce sera Manchester… et ses groupes de jazz !

 

Bien sûr, depuis des décennies la ville a vu naître tant de figures incontournables du rock : d’Oasis aux Smiths de Morissey, en passant par les Stone Roses ou les Happy Mondays, considérés d’ailleurs comme les chefs de file du mouvement Madchester. Tout cela laisse d’ailleurs rêveur quand ici ce sont plutôt Maroilles, Vieux-Lille et boulette d’Avesnes qui font marcher le tourisme. Mais apparemment les choses évoluent puisque je vous parlais déjà il y a peu d’un autre Mancunien, le trompettiste Matthew Halsall, auteur d’un excellent album avec son Gondwana Orchestra. C’est d’ailleurs sur le label – Gondwana Records – de ce dernier que furent publiés en leur temps les deux premiers disques du trio que je vous présente aujourd’hui. Et cette fois, c’est sur le très prestigieux label de jazz américain Blue Note que les trois compères voient leur œuvre publiée, créant ainsi un petit début de polémique dans le monde très élitiste du jazz.

Car, même si le terme « jazz » ne signifie plus forcément grand-chose, il faut bien dire que ce « Man Made Object » en est un à part (d’objet) à bien des égards. Sur la forme surtout, Gogo Penguin bouscule les codes établis du format particulier qu’est le trio jazz avec piano. Sur le papier apparemment extrêmement classique, la formation propose pourtant une musique originale aux influences jungle qui ne sont pas sans me rappeler certains efforts d’Erik Truffaz (sur le même label d’ailleurs), mais en plus énervés ici. Tenter de mimer une musique essentiellement électronique en remplaçant les machines par des instruments acoustiques n’est ni mauvais en soi ni ultra novateur. Sauf que cette fois, les influences rock dont s’est forcément nourrie la bande de Chris Illingworth sont bien présentes en arrière-plan. Aux caractéristiques évidentes dues au genre (fourmillement de rythmiques syncopées et d’effets sonores acoustiques, omniprésence des arpèges de piano), s’ajoutent des rôles très partagés, sans véritable leader proclamé, des sons de contrebasse et de batterie boostés, alors que tout se passe au niveau des médiums. Bref, avec les pingouins gogos, c’est peut-être une autre façon de voir le trio jazz qui apparaît. Et pendant ce temps, que fait la police ?

 

La vidéo officielle du single All Res


10 titres / 47 mn (Blue Note) – Sortie le 05/02/2016

Chris Illingworth : Piano  – Nick Blacka : Contrebasse – Rob Turner : Batterie

Produit par Joseph Reiser & Brendan Williams

En savoir plus : www.gogopenguin.co.uk


One Comment on “Gogo Penguin : Man Made Object

  1. J’adooooore ! J’achèterai bien pour ma bibliothèque à moi ! (ou pour ma discothèque personnelle …)

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