La Mal Coiffée : … E Los Leons


LES LIONS DE LA PLACE

Pochette de ... E Los Leons par La Mal CoifféeComme quoi un article sur LVM tient parfois à bien peu de choses. Ce matin-même, après m’être brossé les dents puis rasé, j’empoignais ma brosse à cheveux. Là, hirsute, face au miroir, un éclair jaillit : pourquoi ne pas rédiger une chronique du dernier album de La Mal Coiffée ?

 

C’est que celui-ci ne date pas d’hier mais plutôt… du début de l’année. Aujourd’hui, alors que fleurissent best-of et rétrospectives musicales de 2018, j’ai pensé qu’il était pertinent de remonter le temps de quelques dix mois en arrière, lorsque j’étais donc jeune et insouciant. Pour les néophytes peut-être nés de la dernière pluie, La Mal Coiffée est un quatuor vocal féminin venu tout droit du Minervois, là où il fait beau et où l’on produit aussi de très bons vins. Comme les Corses d’Alba (chez qui l’on produit aussi de très bons fromages) à quelques encablures de là, le quatuor occitan met en valeur son patrimoine vocal et sa langue, et ce de fort belle manière. Jouissant d’une certaine notoriété dans le sud de la France évidemment, La Mal Coiffée s’est aussi régulièrement exportée dans les plus grands festivals, des Vieilles Charrues au Sziget de Budapest. « … E Los Leons », leur cinquième opus, est librement inspiré du roman d’Henry Bauchau « Diotime Et Les Lions ». Vous ne l’avez pas lu ? Qu’à cela ne tienne, moi non plus. Mais avouez que parler de lion lorsqu’on s’appelle La Mal Coiffée, il y a de quoi en perdre son latin, même lorsqu’on balbutie à peine en occitan.

La singularité de la musique réside ici dans une interprétation vocale sans aucun instrument harmonique, et s’appuyant sur les seules percussions. Le kayamb réunionnais (cher à Christine Salem et Grèn Sémé), l’adufe portugais, le tambureddu sicilien, d’où qu’il vienne, tout instrument semble bon pour accompagner les voix de ces femmes qui envoient. En un peu plus d’une heure et dix-huit titres, elles nous donnent une leçon de polyphonie et de musicalité. En faisant découvrir un univers authentique, sans fioritures inutiles mais faussement champêtre, le quatuor met en avant le rythme des mots et passe sans effort d’une nuance à une autre, d’une ambiance à une autre. Allez, je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas saisi le sens exact de toutes les paroles et pourtant le disque s’écoute avec une gourmandise fiévreuse. Il faut dire que c’est un autre grand artiste du cru, Laurent Cavalié, qui a une nouvelle fois écrit et composé l’ensemble du répertoire, et c’est toujours la coopérative artistique Sirventés (dont Cavalié est l’un des fondateurs) qui publie le disque. Une histoire d’amis, de famille en quelque sorte. Et quoi de mieux que ces valeurs-là pour passer ensemble les fêtes de fin d’année, avé l’acceng ? Joyeux Noël à tous !

 

Le teaser de l’album


18 titres / 63 mn (Sirventés) – Sortie le 02/02/2018

Karine Berny : Voix, bombo leguero, chacha – Myriam Boisserie : Voix, pétadou, chacha, kayamb, adufe – Marie Coumes : Voix, tambour sur cadre, roseau – Laëtitia Dutech : Voix, tambureddu, adufe, bendhir, tambour

En savoir plus : www.lamalcoiffee.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.