Fripp & Eno : Live In Paris 28.05.1975


EN MAI, FAIS CE QU’IL TE PLAIT

Pochette de Live In Paris 28.05.1975 par Fripp & EnoLe 28 mai de l’année 1975 est un mercredi. Le 148ème jour de l’année, pour être précis. Je médite les derniers mots de Mme Van Herseel, ma professeur de français, qui m’a encouragé, pour m’élever spirituellement, à passer mes vacances d’été à décortiquer « Le Lys Dans La Vallée » de Balzac.

Une élévation spirituelle n’a rien pour me déplaire, mais je ne suis pas certain qu’elle passe par la vallée. Aujourd’hui, le soleil s’est levé à 05h00 et il se couchera à 20h35. Les événements qui se déroulent ailleurs sur la planète me touchent peu. Que ce jour soit celui de la fondation de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest, composée de seize membres, et où le Nigeria se taille la part du lion, me laisse indifférent. À l’époque, je ne connais ni Fela Kuti, ni King Sunny Ade. Que ce même jour soit celui du massacre de la Centennial Secondary School, à Brampton en Ontario, considéré comme la première tuerie scolaire de l’histoire du Canada, ne me motive pas plus. Je ne connais pas Joni Mitchell, et j’ai juste vaguement entendu parler de Neil Young. En fait, la musique ne m’intéresse pas. Et je rate donc aussi un autre événement capital de ce mois de mai : le concert de Fripp & Eno à l’Olympia, à Paris. Deux artistes en panne de groupe : pour Eno, l’aventure avec Roxy Music s’est arrêtée deux ans plus tôt (et il ne reviendra jamais à ce type de formule), pour Fripp, King Crimson vient d’exploser (et il y reviendra à plusieurs reprises dans le futur).

Le dispositif est le même en concert qu’en studio : Fripp joue de la guitare, et Eno traite le son (basiquement avec deux Revox qui lui permettent de créer des boucles, comme sur les albums « No Pussyfooting » et « Evening Star »). Cette musique que les rockers de l’époque, amateurs d’authenticité (c’est à dire de blues rock), considéraient comme du bricolage de studio, se révèle, sur scène, bigrement efficace et prenante, paradoxalement à la fois inquiétante et sereine, comme Wind On Water ou Wind On Wind. L’annonce faite au micro (en français) par un des organisateurs à la fin de ce dernier morceau, témoigne bien que cette musique n’est pas de ce monde : à la demande de la police, il est demandé au public d’éviter de fumer à l’intérieur du théâtre… Dans un mois, ce concert aura quarante ans et, rétrospectivement, je pense que la plus belle fleur de ce mois de mai 1975 n’était pas dans la vallée, mais sur la scènde l’Olympia.

Souvenir de l’Olympia


21 titres (3 CD) / 155 mn (DGM Records) – Sortie le 08/09/2014

Robert Fripp : Guitare – Brian Eno : Boucles, effets

Produit par Alex R. Mundy et David Singleton

En savoir plus : www.dgmlive.com/diaries.htm & www.enoshop.co.uk


One Comment on “Fripp & Eno : Live In Paris 28.05.1975

  1. N’était-ce pas sous l’olympia, je crois La taverne de l’Olympia ? De plus je ne me souviens pas avoir vu Eno, seulement Fripp. Concert qu’il a commencé par prendre un thé…

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