Christine Salem : Larg Pa Lo Kor


ELLE EST LIBRE UN MAX

Pochette de Larg Pa Lo Kor par Christine SalemLa semaine dernière, je passais deux jours en famille au bord de la mer. Alors certes, c’était Stella-Plage et la Mer du Nord, le temps fut mitigé, mais le bruit des vagues au (très) loin chantait à nos oreilles comme personne.

 

Afin de glorifier ces instants magiques comme il se doit, asseyons-nous confortablement, frères et sœurs, sur le sable chaud (allez allez, un peu d’imagination !), autour d’un joyeux feu de camp. Car ma découverte aujourd’hui est elle aussi plus que jamais l’histoire d’une rencontre océanique et inattendue. Je tombais nez à nez – mais sans aucune violence, rassurez-vous – avec « Larg Pa Lo Kor » pour la première fois chez mon disquaire préféré. Au rayon world, cette pochette aux faux airs de pépite funk des années 70 piqua ma curiosité : mais qui est Christine Salem ? Je cherchais rapidement : digne représentante du maloya depuis son premier album avec son groupe Salem Tradition en 2001, la chanteuse porte haut les couleurs d’un genre musical si longtemps interdit en ses propres terres. Et si la parité n’est pas encore tout à fait de mise au sein de notre équipe de chroniqueurs, Christine Salem et sa consœur Maya Kamaty (qu’Ilse G vous avait déjà présentée il y a moins d’un an) prouvent que les femmes qui ont quelque chose à dire savent se faire entendre sur LesVeillesMusicales.

Le chemin ayant amené la Réunionnaise à ce sixième opus passe lui-même par bien des rencontres. La chanteuse du groupe Moriarty, Rosemary Standley, d’abord, avec laquelle les collaborations ont été régulières, mais aussi plus récemment Seb Martel – complice de -M-, Camille ou Salif Keita entre autres. Réalisateur de l’album, le guitariste aide d’ailleurs Christine Salem à se libérer totalement, à repenser sa musique en allant là où elle veut aller, désormais sans aucune forme d’obligation due à son statut de voix incontournable du maloya. Le résultat est bien un disque de maloya, avec ses mélodies, ses instruments emblématiques et ses changements de tempo, mais ici c’est la musique de l’océan indien qui se nourrit du rock, du blues et de la chanson là où bien souvent c’est l’inverse qui est mis en avant. La guitare de Seb Martel – souvent discrète et rythmique – se fond à merveille dans un univers coloré qui s’ouvre en grand sur le monde. De quoi donner la chair de poule à bien des reprises et me faire dire que, même loin de Stella-Plage, j’ai aussi de la chance d’avoir rencontré cette sorcière de Salem.

Christine Salem sera en concert le 18 mai au Studio de l’Ermitage (Paris)

 

Du p’tit live pour se mettre dans l’ambiance de « Larg Pa Lo Kor »


13 titres / 51 mn (Zamora) – Sortie le 05/02/2016

Christine Salem : Voix, kayanm, guitare – Ary Périgone : Percussions, chœurs – David Abrousse : Djembé, dundum, tama, chœurs – Sébastien Martel : Guitares, harmonica, chœurs

Réalisé par Seb Martel

En savoir plus : Page Facebook de Christine Salem


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