Anoushka Shankar : Land Of Gold


RUÉE VERS L’OR

Pochette de Land Of Gold par Anoushka ShankarJ’ai fait des études de médiation culturelle. Pendant ces études, on m’a consciencieusement appris à vénérer la démocratisation culturelle. Un beau rêve. Pendant ces études, on parlait de choc esthétique, de niveau social, de tarification mais en fait assez peu de culture. Et d’ailleurs, tout ça m’a assez vite laissée perplexe.

 

Quelques années plus tard (mais non, ça n’est pas si vieux que ça), la médiation culturelle me fait bien rire… et pourtant j’en rêve encore, d’une certaine manière. L’idée qu’on puisse faire confiance au choc esthétique : pas besoin de grandes explications, on aime ou on aime pas. Chacun avec sa sensibilité. Tout ça pour vous raconter que c’est ce qui m’est arrivé avec cet album d’Anoushka Shankar. Bon, soyons honnête, j’avais un a priori positif. Vous le savez maintenant, j’aime les mélanges et la fille de Ravi Shankar suit son père : elle aime aussi les mélanges.

J’ai donc, comme d’habitude, écouté cet album. J’ai été portée tout l’été (ou presque) par la rencontre du sitar d’Anoushka Shankar, des boucles musicales un peu électro, du chant d’Alev Lenz sur la chanson-titre. Et par ce paysage qui se dessinait devant mes yeux. Riche, multiple, parfait pour les vacances (encore mieux même parce qu’il ne présente aucun risque d’accident, de chambre d’hôtel triste, de musées qui n’en sont pas ou de serveurs maladroits !). J’ai trouvé les rythmiques séduisantes, le chant rêveur. À n’en pas douter, Madame Shankar sait s’entourer des bons musiciens. Et puis, enfin, je me suis mise devant mon clavier pour vous écrire ces quelques lignes et j’ai alors découvert que l’album était un hommage musical aux populations déplacées fuyant la guerre et la famine. Bref, j’avais adoré la musique en ignorant tout ce qu’il y avait derrière. Le choc esthétique existerait-il quand même ?

 

La chanson-titre de l’album… et un très joli clip !


10 titres / 50 min (Deutsche Grammophon) – Sortie 04/2016

Anoushka Shankar : Sitar – MIA & Alev Lenz : Voix – Vanessa Redgrave : Spoken word – Manu Delago : Hang, percussions

En savoir plus : www.anoushkashankar.com


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