David Byrne : Keswick Theater 20-07-94

UNE TÊTE QUI PARLE

Pochette de Keswick Theater par David ByrneLa mémoire est une bien curieuse chose. Je suis incapable de me souvenir de ce que j’écoutais le 20 juillet 1994. En revanche, le 20 juillet 1977, je peux faire des hypothèses. Peut-être parce qu’en 1994, je n’ai aucun événement musical marquant à me mettre sous la dent.

 

 

Alors qu’en 1977, l’heure était venue de choisir son camp. Punk ou disco ? Répondez. J’ai fait partie de ces bandes organisées qui profitaient d’une absence du DJ dans les soirées dansantes, pour remplacer Stayin’ Alive par God Save the Queen. Je me suis vite lassé. D’autant que la nouvelle scène américaine m’enthousiasmait plus que l’anglaise. Les Clash et les Sex Pistols tournaient bien moins sur ma platine que leurs homologues américains : Patti Smith en premier lieu, et, dans la foulée, Television, Richard Hell and the Voidoids, Blondie, les Ramones… Et les Talking Heads : 1977 a été l’année de Psycho Killer, premier fleuron d’un répertoire oscillant entre l’étrange et le banal, l’accent sur la banalité renforçant justement le sentiment d’étrangeté. La rencontre avec Brian Eno n’a fait qu’accentuer tout ça et « More Songs About Buildings And Food », « Fear Of Music » et « Remain In Light » (la sensation de 1980, une des premières fusions entre le rock et les musiques africaines) restent des modèles d’équilibre entre mainstream et underground.

Ces années sont loin, mais David Byrne, ex-leader de la formation new-yorkaise, en a fait renaître l’esprit dans ce concert de 1994 au Keswick Theater. Psycho Killer y trouve une nouvelle jeunesse. Plus étonnant encore, Once In A Lifetime, qu’on n’imaginait pas sans les arrangements prolixes de « Remain in Light », démontre ici, dans une version nettement plus minimaliste, ce qu’elle est en réalité : une excellente chanson, qui tient debout toute seule quand le reste a réduit à la cuisson. Pour tous ceux qui pensaient que David Byrne n’avait plus rien raconté de consistant après les Talking Heads, ce disque constitue une bien agréable introduction, avant de se plonger dans ses musiques pour la danse, le cinéma, ou ses productions pour son label Luaka Bop, qui revitalisèrent les carrières de Tom Zé ou Waldemar Bastos. En fait, cette tête n’a jamais cessé de parler.

Le premier succès


12 titres / 47 mn (Echoes) – sortie le 12/01/2105

David Byrne : Voix, guitare – Paul Socolow : Basse – Mauro Reforsco : Vibraphone, marimba – Todd Turkisher : Batterie

En savoir plus : facebook.com/DBtodomundo

One Comment on “David Byrne : Keswick Theater 20-07-94

  1. En fait, je découvre vraiment David Byrne, je pense. Grâce à cette chronique, j’ai regardé une paire de vidéos live sur YouTube. C’est très très sympa… 😉

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