Harissa : Karabana


LA KARABANE PASSE

Pochette de Karabana par HarissaAussi beaux soient-ils, en tendant une oreille curieuse, on est forcé de se rendre à l’évidence : les quatuors célèbres ne sont pas uniquement des œuvres pour cordes de Mozart, Haydn ou Schubert. L’épicé quatuor Harissa est là aujourd’hui pour en témoigner.

 

Des Tortues Ninja (Leonardo, Donatello, Raphael et Michelangelo) aux Quatre Filles du docteur March (Margaret, Joséphine, Elizabeth et Amy), en passant par les Quatre Fantastiques (Mr Fantastique, la Femme invisible, la Chose et la Torche humaine), on voit bien que le quartette est une formule qui a la côte, tant en musique que dans la vie en général. Les Beatles étaient quatre, les Rolling Stones sont quatre, les Quat’z’amis et ceux de Scooby-Doo sont quatre. Même LesVeillesMusicales ne sont pas épargnées puisque le Hadouk Trio devenait en 2013 Hadouk Quartet, avant d’être chroniqué chez nous à deux reprises (chroniques N°184 & 431 pour toi, afficionado…) et de se rebaptiser simplement Hadouk, comme si l’objectif était atteint et l’équilibre idéal trouvé, comme s’ils ne pouvaient faire mieux. Le quatuor dont je parle aujourd’hui n’est lui ni l’évolution d’un quelconque trio ni l’émanation d’un orchestre célèbre dont ceux-là se seraient échappés. Harissa est tout simplement Harissa, et il se suffit à lui-même.

Pourtant, il aurait pu en être autrement. Venant chacun d’un univers fondamentalement différent, les jeunes membres de ce quartet – puisqu’il est bien question de jazz – cultivent cette différence, là aussi tant en musique que dans la vie en général. C’est cependant bien l’union de ces quatre-là qui donne naissance à un son immédiatement reconnaissable, tout en ruptures rythmiques dignes du meilleur rock progressif et en touches synthétiques discrètes. Mais surtout, la frappe de batterie rock, la trompette de banda basque espagnole (olé !), le piano jazz hypnotique et la basse funky s’unissent en un mélange inventif et délicieusement corsé, comme son nom l’indique. Mais cette harissa-là doit malgré tout se mériter et il faut faire fi des raccourcis faciles (le son maaloufien à souhait sur Yemenite Dance…) et explorer l’insondable pour savourer pleinement ce piment rouge-là. « Karabana » signifie caravane en basque, un mot traduisant bien à lui seul l’esprit nomade qui règne sur les trois titres d’un premier EP prometteur qui ne manque pas de panache : on voyage sans cesse d’un genre musical à l’autre, on se laisse emporter dans ce no man’s land et on en redemande jusqu’à plus soif, quitte à s’arracher la gueule et avoir la bouche en feu. Mais bon, peu importe le condiment pourvu qu’on ait l’ivresse.

 

Harissa interprète Yemenite Dance en studio


3 titres / 13 mn (iM Harissa) – Sortie le 12/09/2018

Francisco Hickowski : Trompette – Mickaël Avital : Piano – Valentin Durand : Basse – Adrien Joly : Batterie

En savoir plus : www.facebook.com/harissaquartet


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