I Am Stram Gram : Jurassic Poney


PIC ET PIC, ÉCOLE ET GRAMME

Pochette de Jurassic Poney par I Am Stram GramQu’à l’âge de quatre ans, on ait envie – à l’image de ses héros Petit Ours Brun ou Tchoupi – de tout faire tout seul est une chose. Mais aujourd’hui, je vous invite à rencontrer un personnage de ce genre un peu plus âgé.

 

Vincent Jouffroy a la trentaine, toutes ses dents, et pourtant il ne semble pas vraiment vouloir grandir. En tous cas, le Français a noué une relation toute particulière avec l’enfance, la sienne et celle des autres. Caché (réminiscence de Colin-maillard ?) derrière son projet solo I Am Stram Gram, il sort aujourd’hui son premier EP, sans pour autant être un illustre inconnu sur la scène musicale bordelaise. Dès la pochette d’ailleurs, je retrouvais des traits que je connaissais déjà puisqu’on les doit à Ita Duclair, guitariste et chanteuse du A, une autre pépite du sud-ouest – pop shoegaze, celle-la – que j’avais eu le plaisir d’interviewer il y a un an (et cent chroniques tout pile). Comme quoi, le monde est parfois petit. Vincent, lui, ne l’est plus vraiment (quoi ? Petit bien sûr, bravo à ceux qui suivent !) et il affirme clairement son style à part. Car bien qu’évoluant dans un univers pop folk parfois encombré, l’auteur-compositeur-interprète parvient à tirer son épingle du jeu grâce à un talent né d’homme-orchestre et une touche de mystérieuse folie (réminiscence de Docteur Maboul ?).

Car quand on veut tout faire tout seul, il faut s’adapter. Et voilà que le grand Vincent s’oblige à développer des techniques et un jeu particuliers, faits de boucles et d’un travail délicat sur la voix et les sons, à l’équilibre réfléchi entre les textures électroniques et acoustiques, synthétiques et organiques. Et le pire, c’est que sur scène c’est pareil. Accompagné en tout et pour tout d’un batteur cogneur au masque de vaurien saurien (réminiscence des Dino-Riders ?), I Am Stram Gram déroule au final une musique hybride, entre folksongs et pop rock inventive, allant jusqu’à insérer quelques vers dans la langue de Molière au milieu de textes presque entièrement rédigés en anglais (réminiscence de « Dora l’exploratrice » ?). La voix du Bordelais me faisant à plusieurs reprises penser à un autre touche-à-tout de génie, l’aîné Damon Albarn, avec qui Vincent Jouffroy partage cette nonchalance et cette facilité apparente qui font les personnages attachants alors qu’on ne les connaît même pas. Il ne restera plus qu’à découvrir ce que l’histoire retiendra (réminiscence de « Il était une fois l’homme… » ?) de ces six pop-songs, tantôt sonates tantôt symphonies pour un seul homme avec guitare en ut dièse mineur (réminiscence de… « Beethoven », le film ?).

 

La vidéo officielle du single Eaten Alive


6 titres / 25 mn (Autoproduit) – Sortie le 22/07/2016

Vincent Jouffroy : Voix, tous instruments

Produit par I Am Stram Gram

En savoir plus : www.iamstramgram.com


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