Marcel Kanche : Juillet 94


ÉLECTRON LIVRE

Pochette de Juillet 94 par Marcel KancheVous souvenez-vous de celle ou celui que vous étiez il y a vingt-quatre ans ? Que faisiez-vous en juillet 1994 ? Bonne question, n’est-ce pas ? Pour ma part, je m’en souviens comme si c’était hier car j’en ai conservé de précieux souvenirs. Tout comme Marcel Kanche, d’ailleurs.

 

Allez, je vous aide un peu : 1994, c’est l’élection de Nelson Mandela à la présidence de l’Afrique du Sud, ce sont les massacres au Rwanda, les accords du Kremlin entre Clinton et Eltsine, l’assassinat des Pères blancs à Tizi-Ouzou et celui de la députée Yann Piat. C’est aussi l’apparition des talibans, l’inauguration du tunnel sous la Manche, la découverte de la grotte Chauvet, la Coupe du Monde de football aux Etats-Unis remportée par, devinez qui ? Le Brésil, bien sûr. 1994, c’est le décès de Kurt Cobain et Jean Carmet (ne cherchez pas, il n’y a aucun rapport), des Ionesco, Doisneau, Nixon, Senna, Borotra, Mouloudji. Mais c’est aussi, heureusement, la naissance de Justin Bieber et d’une brochette de futures Miss France (2014, 2015 et 2018 s’il vous plait). Quelle année ! Mais surtout, c’est en 1994 que j’obtenais mon baccalauréat littéraire et que Marcel Kanche écrivait donc les dix textes qui nous intéressent aujourd’hui, quelques vingt-quatre ans plus tard.

C’est que ces textes ont connu une destinée pour le moins houleuse. Publiés en 2005, perdus au cours d’une inondation, ils seront finalement redécouverts par l’auteur lui-même lors d’un déménagement (comme quoi, ça a du bon parfois, le changement). Et aujourd’hui, l’auteur leur donne une nouvelle dimension à son image en les mettant diablement en musique. Pour cela, il s’est entouré des jazzeux Bruno Tocanne à la batterie et Fred Roudet à la trompette. L’univers qui découle de cette saga hors du commun est un enchevêtrement incroyable de poésie et de sons abrasifs. L’absence de basse fait forcément ressortir la batterie, les effets sur la trompette truffazienne, la guitare distordue et la voix grave de Marcel Kanche qui égrène les lieux que sa poésie convoque, tout concourt à donner naissance à un moment littéralement en apesanteur, mélange de free jazz, de post rock et de punk. On pense à tout sauf aux hits de -M- (Qui De Nous Deux ?), Vanessa Paradis (Divine Idylle) ou Axel Bauer dont le compositeur tourangeau – ne l’oublions pas – est aussi l’auteur. L’homme au nom de fleuve prouve une nouvelle fois qu’il est (un électron) libre et qu’il a l’art de donner à la langue française la mise qui lui convient, loin de toute facilité commerciale et de tout apprêt convenu. Et si je ne sais où je serai dans vingt-quatre ans, « Juillet 94 », lui, trônera toujours dans ma discothèque. Dans le coin, tout en haut à gauche, des ovnis musicaux.

 

La vidéo « officielle » de Le Mont De Grange


10 titres / 41 mn (10H10) – Sortie le 20/07/2018

Marcel Kanche : Voix, guitares, textes – Bruno Tocanne : Batterie – Fred Roudet : Trompette, bugle, Jef Morin : Guitares additionnelles

Enregistré par François Gaucher

En savoir plus : www.marcelkanche.com


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