Owen Pallett : In Conflict


TERRES EN GLAISE

Pochette de In Conflict par Owen PallettJe ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, l’épithète « anglaise » qualifie bien des lieux communs pas toujours très inspirés, de la capote anglaise à la clé anglaise en passant par la meilleure selon moi, la crème anglaise. Tout cela sans pouvoir déterminer une signification particulière quant au sens général du britannique adjectif.

La musique anglaise, en revanche, m’apparaît comme beaucoup plus éloquente et Owen Pallett vient aujourd’hui confirmer cette impression. Dans son quatrième album (si l’on compte ses efforts sous le pseudonyme de Final Fantasy), le violoniste, proche d’Arcade Fire, Grizzly Bear ou The National, déploie des trésors d’ingéniosité pour donner à sa musique les couleurs d’une riche palette (oui, je sais, très drôle). Tantôt Purcell des temps modernes, tantôt génial créateur de petites symphonies pour cordes et cuivres si typiquement anglaises, à l’image de ces brassbands – nombreux au pays de Sa Majesté – et de compositeurs comme Elgar, Holst ou le plus britanniques des compositeurs allemands : Haendel. Car voilà, Owen Pallett lui non plus n’a pas plus de sang britannique que moi un aïeul aztèque ou une grand-mère qui faisait du vélo (remarquez, faut que je vérifie). Je vous ai bien eus, n’est-il pas ?

Naviguant entre boucles synthétiques et ambiances instrumentales apaisantes, le trentenaire, canadien donc, parvient tout de même à convier sur son disque à la fois le Czech FilmHarmonic Orchestra et Brian Eno, pape de l’électro ambient. Et à bien des reprises, je me suis retrouvé à ne plus savoir qui était qui et jouait de quoi, tant les rôles sont parfois inversés dans cette pop orchestrale et baroque. Le jeune homme, apparemment timide et solitaire, redessine les contours d’une musique sans barrières, armé de son fidèle violon et de sa voix posée. Il en résulte une musique parfois presque trop riche pour entrer entièrement dans mon casque de mp3, tant elle fuse et plane en même temps comme en apesanteur, hypnotisante. Et moi, un « il » flottant comme ça, même sans crème anglaise, je goûte sans retenue.

La vidéo officielle du single The Riverbed


13 titres / 49 mn (Domino) – Sortie le 26/05/2014

Owen Pallett : Voix, violon, violoncelle, claviers – Thomas Gill : Guitares – Matt Smith : Basse, voix – Robbie Gordon : Batterie – Stef Schneider : Percussions – Daniela Gesundheit : Voix – Brian Eno : Synthés, guitares, voix – Czech FilmHarmonic Orchestra

Réalisé par Owen Pallett

En savoir plus : www.owenpalletteternal.com


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