Hawniyaz : Hawniyaz


UN FESTIVAL DE RENCONTRES

Pochette de Hawniyaz par HawniyazLes vacances sont finies. Terminées les visites au donjon de Loches (Touraine), au château d’Angers (Anjou), au beffroi de Béthune (Pas de Calais), à la FNAC de Marseille (Bouches-du-Rhône), au zoo d’Osnabrück (Basse Saxe)…

 

Si vous êtes plus intéressés par les musaraignes et les caïmans à lunettes que par les monuments historiques (comment ça, la Fnac n’est pas un monument historique…), vous êtes plus proches géographiquement de l’enregistrement qui suit. Car c’est au Morgenland Festival d’Osnabrück (consacré aux musiques du Proche-Orient, traditionnelles, expérimentales, jazz ou rock) que se sont rencontrés les quatre musiciens à l’origine d’Hawniyaz. Aux premières notes de piano de Delalê, un traditionnel kurde, je pensais à un enregistrement inédit de Paul Bley (ce merveilleux pianiste canadien qui a eu la malchance de mourir en début d’année, en même temps que d’autres illustres confrères, comme Pierre Boulez ou Michel Galabru, et dont les médias n’ont qu’à peine signalé la disparition), mais non : c’est Salman Gambarov, redoutable pianiste azéri, aussi à l’aise dans Beethoven que dans le post-bop.

Arrive ensuite, dans un souffle, Kayhan Kalhor, maître kurdo-iranien de la vièle kamanché. Le même Kayhan Kalhor est au programme de l’édition 2016 (du 2 au 11 septembre) du Morgenland Festival, en duo avec le Malien Toumani Diabaté, le Jimi Hendrix de la kora. Troisième par ordre d’apparition, le joueur de tanbûr kurde, mais né en Allemagne dans une famille alévie, Cemîl Qoçgirî, dans une courte introduction qui amène le chant de la chanteuse Aynur (qui est en train de devenir la grande voix kurde du XXIe siècle). Libre improvisation autour d’une trame traditionnelle, Delalê est à la fois moderne et très ancien, une musique qui replonge dans un passé qui n’a jamais existé, mais qui ouvre sur un futur plein de possibilités. Dans un univers dont je serais le coordinateur, je souhaiterais que l’on passe plus de temps à disserter sur ce genre de rencontre culturelle que sur le port du burkini. Bien sûr, Dieu merci, nous ne sommes plus à l’époque obscurantiste où l’Occident se barricadait, retranché sur ses valeurs, pour éviter toute contamination par les barbares venus d’Orient. On sait bien, maintenant, que les mouvements migratoires sont une richesse, et non les prémices de la décadence. Mais au cas où, réécoutez quand même ce disque, avant les élections de 2017.

 

La première rencontre au Morgenland Festival


5 titres / 57 mn (Harmonia Mundi) – Sortie le 10/06/2016

Kayhan Kalhor : Kamanché – Aynur : Voix – Salman Gambarov : Piano – Cemîl Qoçgirî : Tenbûr

En savoir plus : www.morgenland-festival.com


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