Nicolas Horvath : Glassworlds 4 – On Love


L’ÂGE DE GLASS

Pochette de Glassworlds 4 - On love par Nicolas HorvathQuoi de mieux qu’une bonne période glaciaire pour lutter contre la canicule ? Quoi de mieux qu’une salle obscure pour retrouver un peu d’enthousiasme dans un monde qui en manque cruellement ? Raté. « L’Age De Glace 5 » nous a laissés froids (je me comprends). Scénario approximatif et gags recyclés ne font pas un bon film.

 

Pourquoi perdre tant de place à vous dire du mal des gens ? Parce que les séries se suivent et ne se ressemblent pas. Et parce qu’il faut que je justifie le titre de cette chronique. En juin dernier est sorti le volume 4 de l’intégrale de l’œuvre pour piano de Philip Glass, par Nicolas Horvath. Le volume 3 avait déjà été chroniqué sur LVM. Pourquoi y revenir aujourd’hui ? Parce que c’est très beau. Parce que même les réfractaires au minimaliste américain peuvent y trouver leur compte. Et parce que, de nouveau, le regroupement de pièces datées respectivement de 2002, 1977, 2006 et 1969 remet toute la carrière du compositeur en perspective. La pièce maîtresse, ici, c’est la transcription pour piano de la musique du film The Hours, de Stephen Dandry, avec Meryl Streep, Julianne Moore et Nicole Kidman. Celle-ci y incarne Virginia Woolf, jusqu’à son suicide en 1941.

Chez Philip Glass, comme dans « L’Age De Glace », les personnages sont toujours plus ou moins les mêmes : progressions harmoniques, arpèges… Mais ici, ils n’apparaissent qu’en filigrane, au détour d’une phrase, et je pense qu’une écoute en aveugle réserverait bien des surprises aux allergiques. Nicolas Horvath joue tout cela avec la même précision que dans le volume précédent, et la même indifférence aux « canons » du minimalisme, qui rejette l’ancienne vision, très mécanique, qui dominait dans l’interprétation de cette musique. On dirait du Liszt, quelquefois… Mais on aura l’occasion d’en reparler lors de la publication d’une interview avec le pianiste. Pour compléter le programme : Modern Love Waltz (une valse de Vienne à la sauce répétitive, comme un réveillon de Nouvel An mis en boucle), Notes On A Scandal et Music In Fifths (retour à la radicalité minimaliste de la fin des années 60, tendance « Quand on me cherche, on me trouve »). Gageons que, dans le volume 5, on ne trouvera pas les signes de l’épuisement manifesté par Scrat & Compagnie dans leur dernier opus. Adieu le machairodus et le rhinocéros laineux, bienvenue au piano.

 

Un extrait de The Hours de Philip Glass, par Nicolas Horvath


17 titres / 61 mn (Grand Piano) – Sortie le 21/06/2016

Nicolas Horvath : Piano

En savoir plus : www.nicolashorvath.com


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