Susheela Raman : Ghost Gamelan


RÊVE DE GAMELAN

Pochette de Ghost Gamelan par Susheela RamanClaude a vingt-sept ans. Il est persuadé de devenir un jour le plus grand compositeur français, mais les conventions académiques le fatiguent. Aujourd’hui, il sort se distraire. Il va à l’Exposition Universelle. Il y découvre, fasciné, le gamelan javanais.

 

Debussy ne s’en remettra que difficilement. Il écrira plus tard, d’une plume toujours acérée, que l’on néglige trop souvent : « La musique javanaise observe un contrepoint auprès duquel celui de Palestrina n’est qu’un jeu d’enfant. Et si l’on écoute le charme de leur percussion, on est bien obligé de constater que le nôtre n’est qu’un bruit de barbare de cirque forain ». Plus tard, il tentera de transcrire les impressions reçues dans la pièce pour piano Pagodes, dans les Estampes.

L’Indonésie vient de tenter d’entrer dans notre imaginaire musical. Elle n’y réussira jamais complètement. Dans les années 60, pourtant si ouvertes vers l’Orient, si avides de spiritualité orientale, c’est l’Inde qui gagne. Le seul, dans le jazz, qui s’intéresse au gamelan, c’est Don Cherry, dans sa longue suite Eternal Rhythm. Il est vrai que cet ensemble de gongs de toute taille, de percussions, de métallophones, de flûtes suling , de cithares siter, a de quoi décontenancer quiconque voudrait l’intégrer à une musique occidentale un tant soit peu populaire. On ne peut que remercier Susheela Raman d’avoir relevé le défi, avec une incontestable efficacité. L’album « Ghost Gamelan » la voit s’associer au compositeur moderne pour gamelan Gondrong Gunarto, toujours en compagnie du vieux compagnon de route Sam Mills, avec lequel elle avait enregistré une des sensations de l’année 2001, l’album « Salt Rain ». La rencontre avait eu un précédent : la reprise en 2015 de Tomorrow Never Knows des Beatles, pour le 50e anniversaire de l’album « Revolver ». C’était déjà impressionnant, mais ici, la mayonnaise a gagné en saveur, au point qu’il est difficile d’imaginer ce qu’auraient donné les huit titres de l’album dans des arrangements plus conventionnels. Une belle réussite pour cette fille d’émigrants tamouls, plongée adolescente dans la soul et le blues…

 

Le trailer de l’album


8 titres / 41 mn (Naïve) – Sortie le 01/06/2018

Susheela Raman : Voix – Gondrong Gunarto, Rano Prasetyo, Angger Widhi & Agus Prasetyo : Degung, slenthem, saron, saron imbal, penerus, gong, kempul, bonang, kendang, voix – Sam Mills : Guitare – Dudley Philips : Contrebasse, basse électrique – …

En savoir plus : www.susheelaraman.com


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