Fuzz : II


DU GROS SON, DU BON SON

Pochette de II par FuzzFans des Hanson (Fuzz est un trio) ou fans d’Adèle (le site internet de Fuzz affiche un design 90’s à l’heure où l’autre lourdingue affiche le record de vues pour un titre tellement surfait que ça en fait peur), ce double disque – en vinyle rien que pour apprécier la superbe pochette – n’a pas été conçu pour vous.

 

Ce second opus, sobrement intitulé « II » comme d’autres mastodontes du rock l’on fait jadis, est un bloc sans ballades (à la limite, l’avant-dernier titre) qui s’ouvre sur une curieuse intro de bandes trafiquées. Puis vient un riff simple, direct comme on les aime avec Black Sabbath. Ah oui, si les années 70 ne sont pas ton fort (comprendre le hard-rock des origines), toi aussi passe ton chemin. Ty Segall est le truc le plus cool qui soit arrivé au monde depuis cinq ans : un rock sans chichi qui, après cinquante ans, peut se permettre de se renouveler sans le faire, de recycler de la plus belle des manières une musique qui emprunte autant au garage qu’au punk, au grunge et même à la pop. L’homme est jeune, a l’air de n’importe qui, joue une musique entendue des milliers de fois et pourtant… l’étincelle est là. Le voir sur scène, c’est comme voir un Kurt Cobain sans la dépression, c’est avoir de vrais titres construits et chantants sans la mièvrerie. Ici, le solo de guitare est roi. Ainsi, le titre éponyme clôt ce second disque par un instrumental de plus de treize minutes, une perle lysergique et psyché.

Et je me prends à entendre quelques lignes mélodiques du premier hit Pictures Men de Status Quo sur Let It Live. Si le sort de Fuzz est d’être comme ce titre choisi en son temps en face B, alors on pourrait espérer un succès, mais rien ici n’est formaté pour la radio. Enregistré en cinq jours au sein des légendaires Sunset Sound de L.A. – qui fécondèrent d’admirables disques pour mon groupe favori, The Doors -, ce disque alternatif et pluriel dans la riche carrière de Ty (on ne compte plus !) le revoit une fois de plus derrière la batterie. Il partage le chant et laisse les plans guitare à son fidèle compagnon de son solo band, Charles Moothart. Ces années communes ne changent pas radicalement le son du gars, mais d’un coup on se dit « Tiens, des cordes ? ». Non, ce sont des synthétiseurs. Mais là, fan de rock véritable, toi qui seul comptes, ne tremble pas : ce disque est fait pour balancer grave du pâté !

Rat Race, extrait de l’album


14 titres / 68 mn (In The Red Records) – Sortie le 23/10/2015

Ty Segall : Voix, batterie, synthés – Charles Moothart : Guitares, synthés, voix – Chad Ubovich : Basse, synthés, voix

Produit par Ty Segall

En savoir plus : www.intheredrecords.com/collections/fuzz


One Comment on “Fuzz : II

  1. N’étant pas familière du gros son, j’ai craint de ne pas aimer.
    En fait, j’aime assez l’énergie.
    Une belle découverte, donc !

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