Nola Brass Band : French Connection


FRAÎCHE CONNEXION ?

Pochette de French Connection par Nola Brass BandC’est pas parce qu’il fait froid qu’on va pas mettre un pied dehors ! En plus, au détour d’une rue, vous pourriez peut-être croiser le Nola Brass Band et alors là, croyez-moi, ça vous réchauffera mieux les os qu’une cheminée René Brisach ou un poële Invicta. Les économies d’énergie, ça vous parle ?

 

Imaginez un peu : Abraham Jones, 94 ans au compteur, vient de boire son bouillon d’onze heures. La cérémonie est prévue à 19H au cimetière Saint-Louis et on est tous conviés à accompagner le vieux Abe dans sa dernière demeure, à l’autre bout de la ville. Depuis Katrina, cette dernière a perdu le tiers de sa population mais ce genre de rassemblement, c’est toujours l’occasion de s’évader un peu, d’oublier la misère, la corruption et le racisme. Au son du brass band, le cortège s’avance dans les rues du faubourg Marigny et les scènes de liesse, voire de transe, sont légions. Sauf que cette fois nous sommes en fait… à Paris. Le vieux s’appelait ici Paul Martin, on se dirige vers le cimetière de Pantin et les musiciens sont de vrais frenchies. Pourtant on a sacrément l’impression d’y être. Il faut dire que le Nola – pour New Orleans Louisiana – Brass Band est en fait un pur produit du cru, qui fleure bon le gumbo et le jambalaya. Composé de neuf membres (une section de cuivres, des percussions et un sousaphone, cher à Delgrès et à Maxime C), la formation a fait ses armes en se rendant sur place, à la Nouvelle-Orléans en 2016, au cours d’un voyage en forme de pèlerinage. Depuis leur retour au (vrai) pays de Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, ils n’en démordent plus.

Le son du Nola est caractéristique de ces formations américaines qui mêlent tradition et modernité (les Dirty Dozen Brass Band, Rebirth Brass Band et autres Hot8…) au pays du jazz, là-même où il est né il y a un siècle. Le son d’ensemble hyper cuivré, les arrangements signés de main de maître par le leader Hippolyte Fèvre, les chorus et les refrains chantés, tout concourt à donner une puissance phénoménale et par la même une impressionnante dynamique pourtant a priori pas évidente à retranscrire sur disque pour une musique de circonstance, par définition plutôt live, et qui ne nous est pas naturelle de ce côté-ci de l’Atlantique. Reste qu’elle jouit d’un certain capital sympathie auprès du public et il faudra surtout vite aller voir ces gars-là en concert (ambulatoire de préférence, pour garder toute la saveur du genre). Avec ce second album coloré, Nola Brass Band fait donc désormais partie du PAF (le paysage artistique froggy), au même titre que tous ces jeunes groupes de curieux passionnés capables de s’imprégner au plus haut degré d’un genre musical pour l’importer sous nos mornes latitudes, à l’image de la samba de Camarao Orkestra ou du funk de Marvellous. Alors est-ce du jazz ou est-ce – dans la mesure où cette musique est rattachée à une région et où le jazz n’est pas l’intention première de ces cérémines – de la world music ? Tout ce que je sais, c’est que le vieux McBride va bien me manquer. Damn ol’ life…

 

La vidéo officielle de We’re Bout To Party


7 titres / 35 mn (Fo Feo Productions) – Sortie le 21/09/2018

Hippolyte Fèvre & Gabriel Levasseur : Trompette, voix – Nicolas Benedetti & Michael Ballue : Trombone, voix – Bastien Weeger : Saxophone, voix – Rémi Cretal : Sousaphone – Florent Berteau : Caisse claire – Johan Barrer : Grosse caisse – Tao Erhlich : Percussions

En savoir plus : www.facebook.com/nolafrenchconnection


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