Post Image : Fragile


LES COPAINS D’ACCORD

Pochette de Fragile par Post ImageJouer de la bonne musique, c’est bien. Jouer de la bonne musique ensemble, c’est très bien. Jouer de la bonne musique ensemble longtemps, c’est encore beaucoup mieux. C’est Post Image, depuis 1987.

 

Et si aujourd’hui, le groupe fondé par le bassiste Dany Marcombe fête ses trente ans, ce n’est pas le fruit du hasard. Depuis trente ans en effet, le sextet – aussi discret qu’incontournable sur la scène française – prêche la bonne parole d’un jazz funky et moderne en perpétuel renouvellement. Vous connaissiez (peut-être) les post-rock, post-punk, post-britpop (eh oui) et autre post-punk revival ? Eh bien voilà le Post Image ! Poreux à souhait et totalement perméable aux musiques de ses époques, le combo livre en 2017 un album racé qui témoigne de sa capacité à traverser les décennies. A part Marcombe qui tient la barre depuis les débuts, le line-up a évolué, les musiciens se sont succédés les uns aux autres. Et pourtant, en studio comme sur scène, il est évident que chacun de ces redoutables instrumentistes met sa technique au service d’une émotion collective avec une humilité déconcertante. « Fragile », comme la vie peut l’être. Et la graine qui trône au milieu de cette belle pochette semble rappeler que rien n’est jamais définitif, que – même après trente ans d’activité – tout n’est que (re)naissance, tout est à créer.

Comme cadeau d’anniversaire (« appi beursdé tou iouuuu »), le disque donne à entendre les différente facettes d’un sextet boulimique. Il pourrait même servir, pour des générations et des générations (amen) de futurs jazzmen, à retracer la longue carrière du groupe, en en brossant le portrait-robot et en transmettant l’ADN, les gênes caractéristiques du son Post Image. Car bien des figures emblématiques planent sur cette musique. Miles Davis bien-sûr (eux qui jouaient en première partie du trompettiste à leurs débuts), ou les grands frères de Sixun (sur Oh Papa), voire même Petrucciani, Brecker Brothers ou tant d’autres. Pour ma part, j’entends par exemple sur Troubadour des réminiscences du jazz des années 80-90 de Bob Mintzer. Enfin bref, ce sont bien ici trente années de jazz qui défilent les unes après les autres, comme on écoute des chansons qui ont marqué notre vie, en refaisant le monde avec de vieux potes, un verre de bière à la main (à consommer avec modération, bien entendu). La voix rocailleuse et les textes de John Greaves, qui avait déjà participé à l’album précédent, ajoutent un parfum de sombre introspection qui cadre merveilleusement à l’ensemble alors que les saxophones et flûte d’Alain Debiossat (vous avez dit Sixun ?) croisent agréablement le fer avec les musiciens maison pour des joutes instrumentales endiablées, comme sur le génial Petit Citron de saison. Allez, on se retrouve dans trente ans pour le deuxième volume de l’anthologie Post Image qui s’écrit chaque jour. Encore bon anniversaire !

 

Post Image interprète Telmine en concert au New Morning


10 titres / 44 mn (Cristal Records) – Sortie le 10/03/2017

Freddy Buzon : Trompette, bugle – Jean-Christophe Jacques : Saxophones ténor et soprano – Patricio Lameira : Guitares, voix – Frédéric Feugas : Claviers – Dany Marcombe : Basse – Eric Perez : Batterie, sampler, voix – John Greaves : Voix – Alain Debiossat : Saxophones alto et soprano, flûte, clarinette basse

Enregistré par Bertrand Amable & Dany Marcombe

En savoir plus : www.post.image.free.fr


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