Blackberry Smoke : Find A Light


LA FUMÉE SANS LE FEU

Pochette de Find A Light par Blackberry SmokeAfin de célébrer dignement la récente St-Nicolas et en prévision du Noël qui nous attend, j’ai pensé qu’il était de bon ton de vous convier à la découverte d’un groupe de rockers qui prouve que barbe et cheveux longs ne sont plus l’apanage de vieux croutons à la hotte pleine de cadeaux, outre-Atlantique du moins.

 

Car nous savons bien qu’en matière de goûts musicaux, nous ne sommes pas tous égaux, et si nous aimons fêter notre patrimoine (le vieux Nico et tous ses super-héros par exemple) par chez nous, du côté de chez l’oncle Sam aussi, ils ont leur patrimoine à eux. C’est que des groupes de chevelus-barbus qui déboursent pas un kopeck (enfin, pas un cent) en rasoirs et autres tondeuses, y’en a plein là-bas. Cherchons un peu : Lynyrd Skynyrd, The Allman Brothers Band ou ZZ Top pour les anciens. Là d’accord, la mode capillaire était ce qu’elle était dans les 70’s. Mais plus près de nous, The Black Crowes, Gov’t Mule et Band Of Horses réunis fileraient une jaunisse à mon coiffeur-barbier de l’avenue Gambetta. Il se trouve que Blackberry Smoke, ce n’est pas le dernier smartphone à la mode qui part en fumée. Ce n’est pas non plus uniquement le supporting band (la première partie, si vous préférez) chevelu à la mode lui aussi pour tous les cadors du genre précités. Certes, on trouve chez ces jeunes pousses tout ce qui fait le bon vieux rock sudiste qui tâche et qui ne fait surtout pas dans la dentelle (pfff, bien un truc de gonzesse !). Mais puisqu’on parle plus poétiquement et littéralement de fumée de mûre, en creusant un peu, on peut forcément trouver un peu plus chez ces gens-là.

Bien sûr, les ingrédients traditionnels du genre sont tous bien présents : testostérone, guitares, chœurs à la Crosby, Stills & Nash, mandoline, Dobro (Maxime C, si tu nous lis…), pedal steel et même le fiddle, ce violon populaire issu de la musique traditionnelle irlandaise. Mais ici, au propre comme au figuré, on remplace la chemise à carreaux et les santiags par un sweat à capuche et des Converse. Et d’illustrer ainsi ce rapport particulier des yankees à la musique folk et country d’une part – qui jouit là-bas d’une image beaucoup plus flatteuse et moins ringarde que par chez nous – et à la musique pop d’autre part, les rockeurs US ayant très peu de scrupules à en glisser des éléments dans leur musique, au risque parfois d’y perdre un peu leur âme et de verser dans la facilité. Mais peu importe le contenant, pourvu qu’on ait l’ivresse. En tous cas, les congas ici, certaines intros aux inspirations (et respirations) funky là, on sent que même s’il n’y a rien de neuf sous le soleil de Georgie, le country rock a encore de belles années et de beaux virages à prendre devant lui, surtout au rythme endiablé d’un album quasiment tous les ans. Eux aussi, finalement, ont leur hotte pleine de cadeaux.

 

Le groupe interprète Best Seat In The House en version acoustique


13 titres / 53 mn (Earache) – Sortie le 06/04/2018

Charlie Starr : Voix, guitares, mandoline – Paul Jackson : Guitares – Brandon Still : Claviers – Richard Turner : Basse – Brit Turner : Batterie – Robert Randolph : Pedal steel – Benji Shanks : Dobro, guitare 12-cordes – Levi Lowrey : Fiddle – Gaurav Malhotra : Congas – Amanda Shires, Oliver & Chris Wood, Sherie & Sherita Murphy : Chœurs

Produit par Blackberry Smoke

En savoir plus : www.blackberrysmoke.com


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