Nicolas Horvath : Satie Complete Piano Works 1


CHAPEAU MELON ET PARAPLUIES

Pochette de Erik Satie complete works 1 par Nicolas Horvath17 mai 1866 : Alfred Satie et Jane Leslie Anton ont le plaisir de vous annoncer la naissance du petit Eric-Alfred-Leslie Satie. L’enfant va bien, merci. Septembre 1884 : première composition connue : Allegro (00’29 »). C’est peu, mais à la même époque un changement de taille intervient : le c du prénom devient un k, c’est tout de suite plus « ésotérik ».

 

1885 : deux nouvelles compositions : Valse-Ballet  et Fantaisie-Valse. Cette dernière, première  excentricité dans une carrière qui ne cessera plus de surprendre, sera publiée deux ans plus tard sous l’étonnant numéro d’opus 62. Ces trois (très) courtes pièces ouvrent le premier volume de l’intégrale des pièces pour piano d’Erik Satie par Nicolas Horvath. Le pianiste, dont on a déjà dit beaucoup de bien dans ces colonnes, poursuit sur le label Grand Piano un travail de grand intérêt, qui concerne également Philippe Glass (le cinquième volume de son intégrale des pièces pour piano est sorti l’année dernière) ou Jan Rääts (premier volume de l’intégrale des sonates cette année).

Les enregistrements des pièces de Satie pullulent, pour le meilleur et parfois pour le pire : certes, son écriture pour piano n’est pas celle de Franz Liszt, mais on se figure un peu vite que, de ce fait, tout est simple. Or, chez le solitaire d’Arcueil, les difficultés, non pas techniques, mais interprétatives, abondent. On peut louer, dans cet enregistrement, une attention particulière portée aux tempi : certaines pièce peuvent surprendre, à première écoute, par leur lenteur, mais se révèlent tout à fait convaincantes sur la durée. En outre, Nicolas Horvath trouve ici, à maintes reprises, cet équilibre difficile entre « appropriation » et « mise à distance » qui raconte quelque chose de Satie lui-même. Et on ne louera jamais assez l’incroyable capacité de résistance de pièces comme les Gymnopédies ou les Gnossiennes : vous pouvez les utiliser pour vendre des voitures, du bain moussant ou de la bière et, miraculeusement, quand vous les réécoutez, aucune trace de contamination n’est perceptible. Souvent considéré par les historiens de la musique comme un compositeur mineur, peu digne de confiance car pêchant par trop d’humour (le comique n’étant pas, il faut bien l’avouer, le fort de nos compositeurs contemporains), Erik Satie aura néanmoins influencé certains compositeurs, et non des moindres : pour vous en convaincre, réécoutez la troisième Sarabande de « notre bon maître » et, à la suite, In a Landscape, de John Cage. À ceux d’entre vous qui s’étonneraient du sérieux imperturbable de cette chronique, souvenez-vous de la Journée Du Musicien, tirée des admirables Mémoires d’Un Amnésique (disponible dans la « Petite Bibliothèque Ombres ») où Satie nous confie : « D’aspect très sérieux, si je ris, c’est sans le faire exprès. Je m’en excuse toujours et avec affabilité« .

 

Un des tubes


27 titres / 73 mn (Grand Piano) – Sortie le 12/05/2017

Nicolas Horvath : Piano

Pour en savoir plus : www.nicolashorvath.com


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