Abed Azrié : Épopée De Gilgamesh


LE RETOUR DE L’ÉPOPÉE

Pochette de Epopée De Gilgamesh par Abed AzriéTu es triste. Tu es triste, Gilgamesh, car ton ami Enkidou est mort. Lui-même savait qu’il allait mourir, car il avait fait un songe. Un songe où un homme aux pattes de lion et aux serres d’aigle le tenait en son pouvoir et le menait vers le séjour d’Irkalla. Autrement dit, en enfer.

 

Vous aviez été ennemis, mais votre duel s’était soldé par un match nul. Aucun d’entre vous ne pouvait l’emporter sur l’autre. Et vous en êtes devenus des amis inséparables. Et maintenant tu le pleures, car les dieux se sont vengés. Mais tu continueras à chercher l’immortalité, Gilgamesh, et tu ne la trouveras pas. Tu n’accéderas à la sérénité que lorsque tu admettras devoir mourir.

Si cette mise en bouche vous a émoustillé, vous la retrouverez dans l’extraordinaire adaptation musicale de l’épopée de Gilgamesh par Abed Azrié, compositeur syrien qui creuse son sillon depuis le début des années 1970. Connu pour avoir régulièrement insufflé une nouvelle vie aux textes de la littérature classique arabe, il a aussi tendu régulièrement des perches vers la musique occidentale, comme dans sa version de l’ « Évangile Selon Jean«  en 2009, où cohabitaient un ensemble de musique traditionnelle de Damas, les voix du conservatoire de la même ville et l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. « Épopée De Gilgamesh » n’est pas une nouveauté, loin de là, puisque le disque fut enregistré en février 1977. Mais sa réédition en CD en ce mois de septembre 2018 paraît justifier une chronique sur LVM. D’autant qu’à l’écoute, la musique a fort peu vieilli. À sa décharge, le véritable Gilgamesh ayant vécu, à Ourouk, vers le XXVIIIe siècle avant notre ère, ce ne sont pas quarante ans de plus ou de moins qui vont changer la donne. L’adaptation du texte en français par Abed Azrié lui-même rend le mythe mésopotamien presque accessible, les notes de pochette permettant de suivre les différentes péripéties de l’épopée. À noter la participation du joueur de oud libanais Marcel Khalifé, dont l’instrument sert ici de colonne vertébrale à une bonne partie du chant d’Abed Azrié. Gilgamesh a disparu depuis longtemps, mais ce disque garde une saveur d’intemporalité. Sinon, aujourd’hui, il pleut.

 

Le Prologue


33 titres / 76 mn (Doumtak) – Sortie (réédition) le 07/09/ 2018

Abed Azrié : Adaptation du texte, musique, voix, percussions – Marcel Khalifé : Oud – Abdessalam Safar : Nay – Saad Rajaï : Qanoun – Marcello Ardizzone : Viole de gambe – Jacques Viderquer, Michel Choquet, William Stahl, Michel Lacrouste, Gilbert Zanlonghi & Dany Dulauroy : 3 violoncelles (en alternance) – Darwixhe Al-Masri : Mazhar, darbouka, riqq – Chris Hayward : Cymbales – Hélène Tristani : Harpe

En savoir plus : www.abed-azrie.com


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