Benoît Dorémus : En Tachycardie


CŒUR D’ARTISTE CHAUD

Pochette de En Tachycardie par Benoît DorémusNous sommes en 2016 après Jésus-Christ. Toute la chanson française – je veux dire gallo-romaine – est occupée par des chanteurs à voix qui n’ont rien à dire… Toute ? Non ! Une petite bande de légionnaires résiste encore et toujours à l’envahisseur.

 

Menés par les centurions RenanLuce et BenoîtDorémus, les résistants ont fort à faire et doivent lutter contre la menace gauloise Crisedudix. Mais reprenons l’histoire au début. J’ai découvert Benoît Dorémus en 2007 après Jésus-Christ, alors qu’il publiait son deuxième album « Que Jeunesse Se Passe ». Animateur sur une radio associative, j’avais en charge une petite émission musicale au cours de laquelle je tentais de faire entendre une autre chanson française, trop peu médiatisée celle-là, face aux super-mammouths du secteur qui trustent tout et ne laissent que les miettes. C’est à cette époque bénie, à travers mes interviews, que je fis personnellement la connaissance de ces vrais artistes pour qui la création musicale a encore un sens, avec tous les risques que cela suppose : Aldebert (originaire de Besançon d’ailleurs, comme le Bénito), Ludéal et sa guitare, Kwal sans sa guitare, Alexandre Kinn et son bonnet. Tous donnaient une sacrée leçon de passion et d’humilité tant leur chemin était parsemé d’embûches. Benoît Dorémus était déjà de ce bois-là.

Aujourd’hui, les parrainages des aînés Souchon ou Cabrel mis en avant servent ici surtout de carte de visite dans un système où l’on ne peut exister que par les relations qu’on a. Pourtant, le style Dorémus gagne à être connu. Bien sûr, l’influence qu’un autre aîné, Renaud, imprima sur le trentenaire est, elle, indéniable, tant dans le vocabulaire et le phrasé que dans la rudesse musicale, et l’on devine la même singulière fragilité cachée sous un vernis de douce rébellion. Mais on aurait tort de trop réduire la musique du français à cette évidente parenté quitte à en oublier l’autre source d’inspiration forte que constitue Marshall Mathers, alias Eminem. A l’instar de ce dernier, il donne une dimension différente à la (souvent) poussiéreuse chanson française. Faisant de la faiblesse de sa voix une force, l’artiste sait faire preuve d’un véritable flow de rappeur, alternant les mélodies chantées avec des spoken-words typiques d’un genre qu’on marie peu avec la guitare acoustique. Lui le fait avec bonheur et enchantement. Dire qu’il a fallu recourir à la plate-forme de financement participatif KissKissBankBank pour que cet album voie le jour. Voilà un « banké » final digne des meilleures aventures d’irréductibles. Non, Assurancetourix, tu ne chanteras pas cette fois !

 

La vidéo officielle du single Bêtes A Chagrin


14 itres / 49 mn (Déjà/BMG) – Sortie le 05/02/2016

Benoît Dorémus : Voix, guitare acoustique

Réalisé par Polérik Rouvière

En savoir plus : www.benoitdoremus.fr

 


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